Désireux de « compléter leurs revenus », selon le tribunal dinstance de Chalons, des artisans retraités contractent un emprunt auprès de BNP Paribas, a priori dans le cadre dun investissement locatif. La banque leur propose un financement de 64.791 euros, selon lAfub (1), qui a publié la décision de justice. Il sagit dun prêt in fine, une formule de crédit particulière qui permet de ne rembourser le capital emprunté quà léchéance, les précédentes mensualités servant uniquement à rembourser les intérêts.
LAfub explique que les intéressés ont été « amenés à souscrire une assurance-vie », laquelle devait servir de garantie pour le prêt. Problème : dans le cas de ces artisans retraités, les sommes présentes sur le contrat dassurance-vie à léchéance du crédit nont pas permis aux emprunteurs de rembourser leur emprunt, sans que le communiqué de l'Afub ne précise pourquoi.
« Une opération complexe quils nont pas comprise »
Les clients de BNP Paribas « affirment que la solution reposant sur le crédit in fine est une opération complexe quils nont pas comprise », relaie le tribunal dans sa décision du 2 septembre, avant détayer dans leur sens : « La chance pour quils choisissent en toute connaissance de cause la solution du prêt in fine garantie par une assurance-vie nexcède pas [20%]. »
Le tribunal dinstance de Chalons juge ainsi que « le banquier na pas porté à la connaissance de son client les données lui permettant de prendre la mesure du risque que le capital emprunté ne soit pas intégralement garanti par le placement proposé ». Le tribunal estime que BNP Paribas a commis « un manquement à son obligation contractuelle dinformation ». En conséquence, la banque est condamnée à dédommager le préjudice financier subi par ses clients, de 1.813 euros.
Formule complexe, le nantissement d'une assurance-vie en garantie d'un crédit in fine est déconseillé à un public non averti. En 2004, le médiateur de la Fédération française des sociétés dassurance (FFSA) soulignait dans un rapport que « les crédits in fine adossés à lassurance-vie » étaient une « source de conflit », même si la FFSA soulignait que cette formule était « très limitée en nombre ».
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(1) Association française des usagers des banques

















