Le 1er octobre 2009, le sénateur Hervé Maurey présentait à ses pairs une proposition de loi visant à renforcer le dispositif de lutte contre les contrats dassurance-vie dits « en déshérence », soit parce que leur souscripteur est décédé sans que lassureur en soit prévenu, soit parce que le bénéficiaire du contrat na pu être identifié.
Une série de lois, depuis 2005, a déjà considérablement amélioré ce dispositif, dont le dernier volet, baptisé Agira II, a été mis en uvre il y a un an. Un rapport gouvernemental, publié en juin 2009, a ainsi estimé quelles avaient permis de faire baisser de 26% lencours des contrats non réclamés. Toutefois, ces derniers représentaient encore, fin 2009, 700 millions deuros, au bas mot.
3 articles sur 4 abrogés
Lobjectif affiché de la proposition de loi était donc dencourager la poursuite de leffort de résorption des contrats non réclamés. Un effort justifié, selon la commission des lois du Sénat, qui a toutefois largement modifié le texte, abrogeant trois articles sur les quatre rédigés par Hervé Maurey. Elle a en effet estimé quà peine plus de deux ans après ladoption de la dernière loi en date sur le sujet, le régime de lassurance-vie avait, dans limmédiat, « besoin de stabilité ».
La proposition de loi définitive, adoptée à lunanimité le 31 mars dernier, ne fait ainsi plus mention de lobligation, pour le souscripteur de lassurance-vie, daccuser réception du courrier annuel dinformation que son assureur est tenu de lui faire parvenir. De même, la commission na retenu ni lidée de la création dun agrément pour une nouvelle profession, chargée spécifiquement de rechercher les bénéficiaires de contrats en déshérence, ni celle dune prise en charge, par les bénéficiaires, du coût de cette recherche. Enfin, alors que le texte original envisageait de permettre au souscripteur de révoquer à tout moment la clause bénéficiaire de son contrat, la commission a préféré sen tenir à la situation actuelle, qui garantit le caractère irrévocable de lacceptation par le bénéficiaire.
Une recherche annuelle
Au final, la commission des lois na donc retenu que deux idées du texte initial. Mais ce sont, sans doute, les deux idées-forces.
Si la proposition est votée en létat par lAssemblée nationale, les assureurs auront ainsi lobligation de sinformer annuellement du décès éventuel de leurs assurés, quel que soit leur âge, dès lors que ceux-ci possèdent un contrat dont lencours est supérieur ou égal à 2.000 euros. Cette obligation de recherche existe déjà dans la loi, mais jusquici aucune périodicité navait été fixée. De leur côté, les assureurs ne sétaient engagés à contacter systématiquement que leurs clients âgés de 90 ans ou plus. Le texte élargirait donc considérablement le champ de leurs recherches, et les coûts quelles induisent.
Il leur sera également plus difficile de sy dérober : le texte prévoit en effet lobligation dinclure, en annexe de la publication de leurs comptes annuels, un récapitulatif retraçant les recherches effectuées, ainsi que les sommes quelles ont permis de restituer aux bénéficiaires.














