1 - Le big bang du prélèvement à la source
Le passage au prélèvement à la source de limpôt sur le revenu est évidemment le changement principal, au niveau fiscal, pour lannée à venir. Une évolution qui concerne tous les foyers fiscaux puisque même les ménages non imposables se voient communiquer un taux, en théorie de 0% dans leur cas. Cette réforme nest toutefois pas véritablement un « big bang fiscal » mais plutôt un « big bang du calendrier fiscal » : le montant de limpôt sur le revenu restera le même pour chaque ménage, mais la perception se fera tout au long de lannée, au lieu dun paiement en une fois, en trois fois, ou 10 mois sur 12 en cas de mensualisation.
Ce mode de prélèvement gomme lactuel décalage dun an : vous payerez chaque mois limpôt dû sur vos salaires ou autres revenus réguliers actuels. Un décalage partiel demeure puisque le montant de limpôt réellement dû en 2019 sera affiné un an plus tard, après la déclaration du printemps 2020. Il faudra alors régulariser le trop perçu ou le reste à payer à lété 2020.
Impôt à la source : des évolutions concrètes dès janvier
Une nouvelle fiche de paie. Pour les salariés, limpôt à la source se concrétisera fin janvier par un bulletin de salaire intégrant un montant « net à payer avant impôt sur le revenu », et un « net payé en euros », après prélèvement à la source.
Un « crédit impôt à la source » le 15 janvier. Si vous avez bénéficié de crédits ou réductions dimpôt en 2018 (sur la base des revenus déclarés en 2017), vous toucherez un acompte à la mi-janvier, sur le compte bancaire indiqué au fisc lors de la dernière déclaration. Le montant de cet acompte sera équivalent à 60% des réductions et crédits précédents.
Pas dimpôt à la source pour les employés à domicile. Afin déviter le « bug de janvier 2019 » pour les multiples particuliers employeurs, Bercy a choisi de reporter dun an lentrée en vigueur du prélèvement à la source pour leurs salariés. Les risques de ratés étaient plus importants pour cette population demployeurs non professionnels et de salariés aux multiples contrats. Les salariés concernés soumis à limpôt sur le revenu paieront un « acompte annuel » en septembre 2019, à limage du fonctionnement habituel, et seront prélevés sur leurs bulletins de paie à partir de janvier 2020.
Lire aussi : Comprendre le prélèvement à la source en 10 questions
2 - Les mesures fiscales liées à lannée blanche
Cest une conséquence collatérale du passage à limpôt à la source : pour éviter une double imposition, limpôt portant sur les revenus 2018 (à payer en 2019) sera « effacé » grâce au CIMR (crédit dimpôt modernisation du recouvrement). Un crédit dimpôt créé pour loccasion et qui disparaîtra aussi vite. Limpôt 2019 portant sur les revenus 2018 sera tout de même régularisé, pour les « revenus exceptionnels », à lété 2019, suite à la déclaration du printemps.
Cette « année blanche 2019 » a elle-même des effets collatéraux sur certains dispositifs fiscaux. Pour le Perp et les autres « purs » produits dépargne retraite tels que le Madelin, le bénéfice de la déduction de revenus est quasi inexistant en 2018. Mais aussi en 2019 car sappliquera alors un dispositif anti-optimisation fiscale : si vous avez versé sur un Perp en 2017, puis stoppé vos versements en 2018, alors la déduction de 2019 sera réduite de moitié. En revanche, si vous navez rien versé en 2017 « ET » en 2018, ou si vous ne possédez pas encore de plan dépargne retraite, le dispositif ne sappliquera pas. Un dispositif similaire sapplique pour limputation de déficit foncier aux revenus de limmobilier locatif.
Les travailleurs indépendants - dirigeants dentreprise et tous les contribuables déclarant BIC, BNC et BA - font eux aussi l'objet d'un dispositif anti-optimisation, afin d'éviter quils ne « dopent » leurs revenus 2018, non imposés. En résumé, ce mécanisme permet au fisc dimposer partiellement les revenus 2018 sils dépassent les bénéfices déclarés lors des trois années précédentes. Et une correction sappliquera éventuellement sur les revenus 2019 : le contribuable indépendant pourra notamment demander un complément de CIMR, pour payer moins dimpôt, si son bénéfice retombe en 2019.
Plus dinfos : Comment l'année blanche sera calculée pour les indépendants
3 Les « mesures durgence » de la fin dannée 2018
Les « mesures durgence économiques et sociales » annoncées le 10 décembre par Emmanuel Macron suite au mouvement des Gilets jaunes ont des incidences fiscales. Outre la hausse du Smic et de la prime dactivité, le président de la République a ainsi annoncé que la « prime exceptionnelle » versée de façon facultative par les employeurs serait entièrement défiscalisée : cette prime versée entre le « 11 décembre 2018 » et « au plus tard le 31 mars », de 1 000 euros maximum, ne sera donc pas soumise à limpôt sur le revenu. Elle est aussi exonérée de cotisations sociales.
Même sort pour les heures supplémentaires : à compter du 1er janvier 2019, elles sont exonérées de cotisations salariales et dimpôt sur le revenu à condition que le volume annuel ne dépasse pas 5 000 euros. Enfin, « les retraités dont les revenus de pensions, pour une personne seule sans autre source de revenus, sont inférieurs à 2 000 euros nets mensuels en 2019 » doivent profiter dune annulation de la hausse programmée de la CSG. Le gouvernement a toutefois prévenu : en raison des « délais de mise en uvre », la hausse de de la CSG va tout de même sappliquer, mais ils bénéficieront dun remboursement « au plus tard le 1er juillet 2019 ».
Plus de détails : Smic, prime d'activité, CSG : les réponses du gouvernement aux Gilets jaunes
4 Baisse progressive de la taxe dhabitation
Au-delà du seul champ de limpôt sur le revenu, la suppression progressive de la taxe dhabitation se poursuit. Les foyers concernés - moins de 27 000 euros de revenu fiscal de référence pour un célibataire - doivent bénéficier dune baisse de 65% de la taxe dhabitation en 2019, contre 30% en 2018. Lexonération sera totale en 2020 pour ces foyers. Le gouvernement promet une suppression de la taxe dhabitation pour tous les contribuables à lhorizon 2021-2022.
5 Et aussi
Comme chaque année ou presque, le budget 2019 intègre une revalorisation du barème de limpôt sur le revenu, afin de suivre lévolution des revenus. La loi de finances intègre aussi plusieurs dispositions fiscales :
Exit tax. Emmanuel Macron voulait la supprimer. Cet impôt censé freiner lexil fiscal des entrepreneurs sera finalement remplacé par un dispositif anti-abus plus souple que lactuelle « exit tax ». Si le budget 2019 est validé en létat par le Conseil constitutionnel, la principale évolution de ce dispositif concerne la durée dexode prise en compte : les cessions de patrimoine taxées seront celles intervenant dans les 2 ans suivant le départ de France, et dans les 5 ans si leur valeur dépasse 2,57 millions deuros. Jusquà présent, lexit tax sappliquait pour les cessions de patrimoine intervenant moins de 15 ans après lexil fiscal.
Réduction Madelin. Le budget 2018 prévoyait déjà une revalorisation temporaire de la réduction dimpôt « Madelin », laquelle sapplique aux investissements dans les PME, en direct ou via les fonds fiscaux (FIP-FCPI). Cette réduction, actuellement de 18%, devait passer à 25% mais la mesure na pu s'appliquer faute de validation de la Commission européenne. LAssemblée a décalé la hausse temporaire de la réduction Madelin dun an. Celle-ci devrait donc être effective pour lannée 2019.
CITE, éco-PTZ et dispositif Denormandie. Le budget 2019 porte par ailleurs plusieurs mesures fiscales concernant le secteur immobilier. Le crédit dimpôt en faveur de la transition énergétique (CITE) a finalement été prolongé et il va de nouveau inclure les remplacements de fenêtres, avant une éventuelle transformation en prime en 2020. Léco-PTZ est lui aussi prolongé et les conditions déligibilité sont élargies. Enfin le budget 2019 prévoit de créer un « dispositif Denormandie » : une incitation fiscale à linvestissement locatif, à limage de lactuel dispositif Pinel, qui sappliquera aux logements anciens faisant lobjet dimportantes rénovations.
Lire à ce propos : Ce qui change pour limmobilier en 2019




















