Le Premier ministre doit envoyer aux parlementaires un courrier précisant les grands équilibres du budget. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, avait annoncé ce courrier pour lundi dans une interview à Ouest-France. Et lundi, Matignon l'a promis pour mardi, mais les groupes n'avaient rien reçu en fin de matinée.
Selon des sources parlementaires, le rapporteur général du budget, Philippe Juvin, s'est lui-même ému en conférence des présidents d'apprendre par la presse les arbitrages du gouvernement.
« Il y a eu un petit coup de colère du rapporteur Philippe Juvin (LR, NDLR), ce matin en conférence des présidents, relayé par pas mal de présidents de groupe, pour dire que c'est la première fois qu'on est à l'aveugle sur ce que sera le budget dans son équilibre dépenses/recettes », a affirmé le président du groupe GDR Stéphane Peu lors de la conférence de presse de son groupe.
« Grande opacité »
« Je suis bien en peine au moment où on se parle, de vous dire exactement de combien » ces coupes budgétaires sont « parce que c'est la plus grande opacité. On vient de le dénoncer d'ailleurs avec le rapporteur général à la conférence des présidents du gouvernement », a, de son côté, affirmé le président de la commission des Finances, Eric Coquerel (LFI).
L'une des porte-parole du groupe écologiste, Léa Balage El Mariky, a également regretté que le courrier annoncé ne soit pas « arrivé ». « Et donc, au-delà de la violence démocratique que symbolise ce 49.3 qui est un renoncement à une promesse faite au Parlement (...), nous avons aussi (...) une défiance à l'égard des parlementaires qui ne peuvent même pas savoir sur quel texte » le Premier ministre va actionner le 49.3.
Membre de la coalition gouvernementale, le président du groupe MoDem Marc Fesneau a affirmé que les députés réclamaient « effectivement sur la partie 2 (dépenses, NDLR) d'y voir plus clair », ajoutant ne pas voir de la part du gouvernement de « volonté de cacher ».





















