Les 20% les plus aisés épargnent 45 fois plus que les 20% des ménages les plus pauvres. Ce que révèle l'étude de l'Insee sur l'épargne des Français.

Ce sont des chiffres marquants que vient d’analyser l’Observatoire des inégalités. En se basant sur une enquête de l’Insee intitulée « Plus d’épargne chez les plus aisés, plus de dépenses contraintes chez les plus modestes », il constate qu’en 2017, la moyenne de ce qu’épargne un adulte, c'est-à-dire 4 800 euros par an soit 16% de son revenu, cache de très gros écarts.

On s’en doutait mais les données exposées sont frappantes. Il en ressort que les 20% des ménages ayant le moins de revenus, le premier quintile donc, épargnent seulement 2,7% de leurs ressources, soit seulement 360 euros par an. A l’inverse, les 20% les plus aisés, le cinquième quintile, économisent 16 000 euros, soit plus de 28% de leurs revenus, donc l’équivalent du revenu annuel moyen des 20% les plus pauvres. Dans le détail, les particuliers du deuxième, troisième et quatrième quintile épargnent respectivement 1 011, 2 520 et 3 673 euros par an.

Des écarts encore plus importants avec la crise

Et encore ces chiffres sont à prendre avec des pincettes car ils « minimisent beaucoup les inégalités en matière d’épargne car elles portent sur des tranches de revenus très larges. Les 20% les plus pauvres rassemblent à la fois des ménages totalement démunis qui ne font pas d’économies, voire s’endettent, et des familles modestes qui parviennent à mettre un peu d’argent de côté. Parmi les 20% les plus aisés, on trouve aussi bien des cadres supérieurs qui économisent, mais pas autant que les grandes fortunes qui font partie de cette même tranche de revenus. À partir d’un très haut niveau de revenu, en effet, il devient bien difficile de le dépenser entièrement, même en ayant un train de vie très dispendieux ».

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Par ailleurs, ces données globales mériteraient d’être actualisées avec des écarts qui, à n’en pas douter, ont explosé en raison de la crise sanitaire. En effet, les plus aisés devraient avoir accumulé une surépargne de 165 milliards d’euros entre 2020 et 2021 alors qu’en parallèle certains ménages modestes ont été obligés de s’endetter pour joindre les deux bouts.