Depuis un an et le déclenchement de la crise sanitaire, les Français épargnent beaucoup plus qu’en temps normal. Jusqu’à quand ? La Banque de France table sur un pic atteint en fin d’année 2021, et revoit à la baisse l'estimation de cette « surépargne ».

Empêchés de consommer, inquiets pour l’avenir, les Français - en tout cas ceux qui ont pu se le permettre - ont mis de côté beaucoup plus d’argent que d’habitude depuis le déclenchement de la pandémie de Covid-19, il y a un an. Combien exactement ? Le montant de cette « sur-épargne » a été évalué à 110 milliards d’euros en 2020, répartis entre dépôts à vue (pour la moitié environ), épargne réglementée (un quart), et placements financiers (un autre quart).

En ce début d’année, les conditions qui ont entraîné ce réflexe logique de thésaurisation sont toujours d’actualité. Même si les restrictions actuelles n’ont pas entraîné l’arrêt de l’économie constaté lors du premier confinement, de mars à mai 2020, elles réduisent toujours les opportunités de consommer. L’avenir économique, incertain malgré la campagne de vaccination, pousse aussi ceux qui le peuvent à mettre de l’argent de côté, par précaution. Résultat : le surplus d’épargne des ménages continue à grossir.

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Un pic attendu à 165 milliards d’euros fin 2021

Jusqu’à quand ? Dans ses projections macroéconomiques publiés ce matin, la Banque de France fournit des éléments de réponse. L’institution estime que ce surplus va continuer à progresser tout au long de l’année 2021, dépassant les 130 milliards d’euros au cours du 1er trimestre et les 150 milliards au cours du 2ᵉ. Sa croissance devrait en revanche se tasser ensuite et atteindre « un pic autour de 165 milliards d’euros fin 2021 ». Un chiffre en baisse par rapport à celui de 200 milliards d'euros évoqué précédemment.

Et ensuite ? La Banque de France espère « une reprise de la consommation vigoureuse au second semestre 2021, étroitement liée à l’allègement progressif des conditions sanitaires. Le taux d’épargne baisserait alors nettement pour repasser au-dessous de son niveau d’avant-crise au cours de l’année 2022 (avant de remonter ensuite un peu vers des niveaux plus habituels). » De 21,3% en 2020 et 18,5% en 2021, il passerait ainsi à 14,3% en 2022 et 14,1% en 2023.

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Le risque d’un scénario défavorable

Ce scénario est évidemment celui espéré par les pouvoirs publics, qui comptent beaucoup sur le « décaissement » de cette sur-épargne pour accélérer la sortie de crise. Il table ainsi sur un « déploiement large des vaccins dans la population à compter du second semestre et leur efficacité face aux variants qui seraient en mesure de ralentir significativement la pandémie et de permettre la levée progressive des restrictions ».

Attention toutefois : ce scénario central est totalement dépendant de l’évolution sanitaire, dont le degré d’incertitude reste fort. Dans un scénario défavorable, caractérisé par la « multiplication de nouveaux variants qui amoindriraient l’efficacité globale de la vaccination », la Banque de France prévient : « L’activité pourrait (…) rechuter au deuxième trimestre 2021. Et ce n’est que fin 2022 qu’un degré de diffusion suffisant d’une vaccination efficace permettrait une levée franche des restrictions sanitaires. »