Des assureurs-vie qui font traîner l'annonce de leurs taux 2014, des acteurs français du crowdfunding qui connaissent leurs premiers accrocs, des banques en ligne qui atteignent leurs objectifs : voici ce qu’il faut retenir de la semaine sur cBanque.

Assurance-vie : les rendement 2014 se font attendre

Le suspense est à son comble. Les observateurs avertis du secteur de l’assurance-vie pronostiquent tous une baisse sensible de la rémunération 2014 des fonds en euros. De 2,8% en 2013, le taux moyen pourrait passer à 2,4%, voire 2,2% dès cette année. Le conditionnel, toutefois, reste de rigueur, puisqu’aucun assureur n’a encore annoncé ses rendements 2014. Un fait rare : d’habitude, les premiers taux, ceux d’Axa notamment, tombent dès le mois de novembre. Pourquoi ce retard ? « Nous assistons à un jeu de poker menteur » estime le spécialiste Cyrille Chartier-Kastler. Les assureurs attendent le dernier moment, pour voir notamment comment évoluent les taux des obligations d’Etat, qui composent l’essentiel des fonds euros.

En attendant, les Français continuent à faire confiance à l’assurance-vie en euros pour placer leurs économies. Une récente publication de l’ACPR, le régulateur du secteur financier, montre que l’encours total de l’assurance-vie a été multiplié par 10 depuis 1990. Elle dispose, il faut dire, de nombreux atouts, et peut par exemple vous permettre d’obtenir un prêt à bas coût grâce à la solution méconnue de l’avance.

Premiers accrocs pour le crowdfunding français

Introduction en bourse triomphale de Lending Club aux Etats-Unis, assises de la finance participative à Bercy : le crowdfunding était partout cette semaine. Une surexposition qui porte ses fruits : 23% des Français comptent l’expérimenter dans les mois à venir.

Il commence toutefois à connaître ses premiers couacs. Lundi, c’est Wiseed, une des principales plateformes françaises, qui se trouvait contrainte de démentir son rachat par FinanceUtile et Happy Capital, deux enseignes concurrentes qui semblent être allées un peu vite en besogne. Mercredi, c’est Unilend qui annonçait le premier défaut pour une société financée par la foule, le fabricant de cigarettes électroniques Smok-it en l’occurrence. Car il faut le rappeler : aussi prometteur soit-il, le crowdfunding présente des risques pour l’investisseur.

Les banques en ligne dans les temps de passage

Ce n’est pas encore le grand soir, mais les banques en ligne, à défaut de rallier massivement, parviennent à atteindre leurs objectifs de conquête. Cette semaine, Boursorama Banque a annoncé avoir dépassé le cap des 600.000 clients en France, grâce au recrutement d’un peu plus de 100.000 clients en un an. Un résultat en ligne avec les prévisions 2014 de la filiale 100% internet de la Société Générale.

Retraite : épargnez en payant moins d'impôts. 11 contrats comparés

100.000, c’est le nombre total de clients atteint par Hello bank, dernière née des banques numériques généralistes. Là encore, c’était l’objectif annoncé en début d’année. Pour y parvenir, BNP Paribas a dû pousser certains de ses clients peu ou pas actifs vers sa filiale numérique. Ces derniers représentent au final un client Hello bank sur deux.

Si les objectifs sont atteints, le phénomène banque en ligne reste encore assez confidentiel en France, plus que dans d’autres pays comparables. Une association de consommateurs a une explication à cet état de fait : le changement de banque reste trop compliqué en France. L’UFC-Que Choisir a ainsi dénoncé cette semaine les freins à la mobilité bancaire, qui empêchent la concurrence de fonctionner de manière satisfaisante. Elle chiffre à 2 milliards d’euros l’économie globale réalisée par les consommateurs si la part de marché des banques en ligne, actuellement estimée à 2%, passait à 10%.

A lire également