Le budget des Français regorge d'énergie. Dans une étude publiée ce jeudi, lInstitut national de la statistique et des études économiques (Insee) a calculé que depuis 1960 les dépenses délectricité des Français ont progressé de 9% par an, poussées à lépoque par lamélioration des conditions de vie, et donc par un accroissement des besoins en énergie. Résultat, en 2016, la facture moyenne a atteint 960 euros, soit 2,3% du budget consommation des ménages.
Une note qui a sacrément gonflé en dix ans. Entre 2007 et 2016, les prix à la consommation de lélectricité ont augmenté denviron 50%. Ils ont galopé bien plus vite que linflation avec un bond de 4,3% par an entre 2009 et 2016 contre une hausse annuelle moyenne des prix de 0,5%. Deux raisons majeures : laugmentation des frais de réseaux mais surtout le quintuplement de la Contribution au service public de lélectricité (CSPE) qui permet de financer le surcoût de lélectricité dorigine renouvelable. Cette CSPE est désormais payée depuis 2016 par les consommateurs dénergies fossiles à travers la Contribution climat-énergie. La fameuse taxe carbone honnie des Gilets jaunes et intégrée aux prix des carburants, mais aussi du gaz.
Le prix de l'électricité n'a pas fini de monter
Résultat, en 2016, la part des taxes et prélèvements dans le prix total de lélectricité en France atteignait 35% contre 26% en 2010. En 2019, le niveau de taxes atteint même les 37%, autant que les frais de production, dapprovisionnement et de commercialisation !
Et malheureusement pour le portefeuille des particuliers, la hausse des tarifs de lélectricité va encore se poursuivre et notamment pour les 25 millions de foyers qui sont abonnés aux tarifs réglementés. Gelés par le gouvernement, cet hiver, en pleine crise des Gilets jaunes, ils vont augmenter cet été de 5,9% !
Une hausse des prix de lénergie qui a des conséquences plus importantes pour les retraités, daprès les chercheurs de lInsee. « Les personnes âgées consomment plus délectricité que les plus jeunes et occupent en moyenne des logements plus grands. De plus, elles passent plus de temps dans leur logement, ce qui tend à augmenter leur consommation délectricité », expliquent-ils. Ce sont les personnes de moins de 30 ans qui à linverse sont les moins sensibles à ces augmentations.
La bonne nouvelle de cette enquête de l'Insee, c'est qu'en se comparant à nos voisins, on peut se consoler. Un ménage français paye son électricité 20% moins cher en moyenne que dans lensemble de lUnion européenne et moitié moins quen Allemagne. Des prix bas qui sont dus à une spécificité bien de chez nous : l'énergie nucléaire. En 2016, elle représentait 72% de la production totale délectricité.
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