FAUX. Un texte partagé des milliers de fois affirme que le versement d'une assurance-vie ne sera pas effectué dans le cas où une personne décède après avoir été vaccinée contre le Covid-19, car les vaccins autorisés en France sont encore en phase expérimentale. Les conditions du décès de l'assuré n'ont aucune incidence sur le versement d'un contrat d'assurance vie, rappelle le gendarme du secteur de l'assurance.

« Si vous avez un capital décès sur une assurance vie, le capital ne sera pas viré à votre bénéficiaire si vous décédez par suite d'un vaccin ». Voici ce que dit Nicole Delépine, ancienne cheffe de service en cancérologie pédiatrique à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, sur le site Riposte Laïque. Celle qui dénonce régulièrement le port du masque, le confinement ou encore la vaccination contre le Covid-19 à l'aide d'arguments infondés d’après les vérifications menées par l'Agence France Presse (AFP), assure cette fois que « certaines assurances considèrent que vous avez participé volontairement à une expérimentation » en cas de vaccination contre le Covid-19.

Sauf que les quatre vaccins autorisés à ce jour en France, ceux des laboratoires Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson, ont suivi les étapes imposées à chaque traitement avant une mise sur le marché européen et français.

Malgré tout, d’après Nicole Delépine, vos proches ne percevront pas d'argent de votre contrat assurance vie, une situation « comparable au décès en cas de suicide ». Nicole Delépine ne cite pas le nom d'assurance, mais dit s'appuyer sur des témoignages anonymes et des « échanges entre tweetos ».

Pourtant, « les conditions du décès de l'assuré n'ont aucune incidence sur le versement au bénéficiaire des sommes versées sur un contrat d'assurance vie », a expliqué le 18 mars par mail l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), organe de contrôle de la banque et de l’assurance.

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Le billet de Nicole Delépine évoque un « capital décès sur une assurance vie ». Il pourrait s'agir d'une « assurance en cas de décès » qui, comme l'écrit la Fédération Françaises des assurances (FFA) sur son site permet « le versement d'un capital ou d'une rente à un bénéficiaire désigné, en cas de décès de l'assuré avant le terme du contrat ».

Il s'agit là d'un produit de prévoyance dont les modalités de versement dépendent du contrat signé avec l'assureur. « Les clauses d'exclusion sont prévues contractuellement », confirme l'ACPR. Aucun assureur n'étant désigné nommément dans le billet de Nicole Délepine, il est impossible de vérifier si cette affirmation est authentique.

« Toutefois en pratique, les risques visés par les exclusions sont peu diversifiés et, à notre connaissance, aucun contrat ne comporte de clauses qui permettrait d'exclure comme cause de décès, les suites et conséquences d'une vaccination, ou plus généralement de la prise d'un traitement médical, sur prescription d'un médecin », a estimé l’ACPR.