Vous possédez un contrat dassurance vie, et vous souhaiteriez changer dassureur ? Vous aimeriez transférer votre contrat, sans le clôturer, afin de conserver votre antériorité fiscale ? Impossible ! Pourtant, le sujet de la transférabilité de lassurance vie, dun gestionnaire vers un autre, est un véritable serpent de mer. Il revient sur la table à intervalle régulier, et le gouvernement ou plutôt Bercy le repousse systématiquement. Dernier épisode en date, le passage du projet de loi Pacte à lAssemblée nationale en septembre 2018. Deux députés de la majorité LREM, et pas des moindres - Amélie de Montchalin et Joël Giraud - ont déposé des amendements esquissant des pistes pour ouvrir la voie au transfert dassurances vie. Avant de les retirer, face aux réticences du ministre de lEconomie et des Finances, Bruno Le Maire.
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La fenêtre ouverte par le projet de loi Pacte semblait donc se refermer. Les Sénateurs ont tenté de la rouvrir le 31 janvier : toujours dans le cadre de lexamen du projet de loi Pacte, ils ont adopté un amendement permettant de transférer un contrat dès lors quil a dépassé le cap des 8 ans de détention, le fameux cap de maturité fiscale pour une assurance vie.
LAfer prend position
Argument de la cinquantaine de sénateurs signataires de cet amendement : « Actuellement, les épargnants non satisfaits par la gamme de supports, les options de gestion ou encore par la qualité du conseil de leur établissement actuel, laissent dormir leur épargne sur le fonds en euros alors quils pourraient trouver lexpertise adéquate auprès dun autre organisme pour dynamiser leur épargne sereinement. » Cet amendement, porté principalement par des sénateurs LR, a toutefois peu de chance daller au bout de la navette parlementaire : lAssemblée nationale, à majorité LREM, aura le dernier mot, et le gouvernement a déjà émis un avis défavorable.
Le vote de cet amendement a tout de même relancé le débat de la transférabilité, une nouvelle fois. Ainsi la fintech Nalo en a profité pour lancer une pétition « pour la transférabilité de lassurance vie ». Verdict : en un peu plus dune semaine, 470 signatures sur les 500 attendues ont été recueillies.
Surtout, la très célèbre association dépargnants Afer, qui revendique près de 750 000 adhérents, souscripteurs de lassurance vie Afer, a pris position hier par la voix de son président Gérard Bekerman dans Les Echos. Il affirme que « lAfer est favorable à la transférabilité », surtout au nom du « droit de propriété, qui est la libre disposition de son bien ». Sil souhaite « ouvrir ce débat », il souligne que cette transférabilité « doit sorganiser » : « Nous sommes conscients quelle peut impliquer des risques sérieux pour les assureurs, mais la non-transférabilité constitue un vrai défi pour les épargnants qui doivent être libres. La liberté sans contrôle aurait pour effet de nuire à la qualité des investissements, donc au rendement pour lépargnant. » Suffisant pour que lamendement du Sénat soit adopté par lAssemblée ? Dans tous les cas, le lobby pro-transférabilité se met en place.
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