La vague denthousiasme a été rapidement refroidie. Car le chantier de la transférabilité des contrats dassurance-vie semblait bel et bien avoir été entamé. Joël Giraud, député LREM et rapporteur général du budget, ainsi que Amélie de Montchalin, principale « voix » de LREM à la commission des finances, ont présenté quatre amendements ouvrant la porte aux transferts de contrats dassurance-vie. Pour rappel, à la différence dun Perp, les épargnants ne peuvent pas changer de gestionnaire après avoir ouvert un contrat. Et la clôture dune assurance-vie pour en rouvrir une ailleurs fait perdre à lépargnant sa « maturité fiscale ».
Plus dinfos sur la fiscalité des retraits de lassurance-vie
Les amendements dAmélie de Montchalin et Joël Giraud ouvraient plusieurs options : soit une ouverture totale aux transferts, sans condition, soit une transférabilité limitée aux contrats de plus de 5 ans, soit une transférabilité envisageable en cas dinvestissement minimale en unités de compte ou fonds euro-croissance. Objectif : favoriser la concurrence dans un secteur où « 80% » des encours sont « déposés auprès de 10 sociétés », pour reprendre lexposé des députés LREM.
Bruno Le Maire « pas favorable »
Ce jeudi matin, la commission spéciale Pacte a étudié ces quatre amendements, mais Joël Giraud les a finalement retirés suite aux interventions du ministre de lEconomie et des Finances, Bruno Le Maire, et de Jean-Noël Barrot, député LREM et rapporteur thématique pour ce projet de loi. « Nous ne sommes pas vraiment favorables à cette solution car elle a tendance à accentuer lavantage fiscal de lassurance-vie en vous permettant de lemporter avec vous dun assureur à un autre, alors que lassurance-vie est déjà très encouragée par notre fiscalité », a argumenté Jean-Noël Barrot, avant de laisser la parole à Bruno Le Maire : « Je ne suis pas favorable à ce quil y ait une transférabilité de lassurance-vie comme celle que nous avons prévue pour lépargne retraite. »
« Lavantage fiscal ne serait plus justifié sil y avait cette transférabilité totale »
Le ministre a insisté sur la différence entre les purs produits dépargne retraite, Perp ou Madelin, bloqués jusquà lâge de la retraite, et lassurance-vie : « Dans lépargne retraite, la transférabilité est la contrepartie du blocage de lépargne. ( ) Pour lassurance-vie, vous avez la possibilité de sortie à tout moment pour 90% des contrats. A partir du moment où vous pouvez sortir, il ne doit pas y avoir de transférabilité totale sinon vous allez accroître la liquidité des contrats. » Selon le ministre, la concurrence accrue découragerait les compagnies d'assurance dinvestir en actions, « or tout lobjectif [du projet de loi Pacte], cest de développer linvestissement en actions des assureurs ». Bruno Le Maire juge que « lavantage fiscal » de lassurance-vie « ne serait plus justifié sil y avait cette transférabilité totale ».
Une nouvelle mouture attendue en séance
Joël Giraud a ainsi été encouragé à revoir sa copie, Jean-Noël Barrot linvitant à travailler sur le plafonnement de certains frais liés à lassurance-vie, sur la transparence des rétro-commissions, ou encore sur la transférabilité de lassurance-vie vers les purs produits dépargne retraite. Bruno Le Maire sest lui dit « très ouvert » à une réflexion sur les frais.
Le député Joël Giraud, qui a qualifié ses propositions d« amendements dappel », afin de lancer le débat sur la transférabilité, a accepté de retirer « lensemble de ces amendements au profit dune nouvelle rédaction qui sera proposée en séance ». Les députés doivent étudier le projet de loi Pacte en séance plénière à partir du 25 septembre. Pour relancer le débat ?
Lire larticle de 2014 : Transférer ses contrats d'assurance-vie, Bercy dit (encore) non











