La Mutuelle d’Ivry-La Fraternelle, ancien assureur des cheminots, commercialise depuis ce début d’année son premier contrat multisupport. L’objectif : une approche « rassurante » et « simplifiée » de l’unité de compte.

« Même à la MIF, il y a une baisse tendancielle des fonds euros. La meilleure solution pour s’en prémunir, c’est de mettre une part de risque. » Olivier Sentis, directeur général de la MIF, confirme : depuis janvier, la mutuelle bascule dans le monde des multisupports avec son nouveau contrat Horizon Euroactif. Un choix inévitable, alors que la collecte s'envole au fil des annonces de rendements élevés des Comptes Epargnes MIF. L’an passé, l’assureur a ainsi gagné 10% de sociétaires. « Le risque est une dilution de notre performance », confirme le directeur général.

Un contrat à désinvestissement progressif

Au lieu de proposer un multisupports classique, avec un volant d’unités de compte, l’assureur a voulu se démarquer. « C’est une nouvelle logique pour les assurés MIF, très attachés à leur fonds euros », justifie Olivier Sentis.« Pour les amener aux UC, il faut limiter clairement le risque. Nos sociétaires ne sont pas des spécialistes financiers, et on ne veut pas les transformer en cela ! »

Horizon Euroactif a donc un fonctionnement original : une fois une durée de contrat définie, l’investissement sera réparti entre le fonds euros et un seul support en unités de compte, le fonds patrimonial Carmignac Patrimoine. Chaque trimestre, l’exposition à l’UC sera réduite, pour aboutir à l’échéance à 100% sur le fonds euros. « Prenons l’exemple d’un horizon de 8 ans. Le client aura 68% de fonds euros, et 32% de Carmignac Patrimoine. Tous les trimestres, on va désensibiliser le contrat, en réduisant la part d’UC d’un point, jusqu’à 0. » Un désinvestissement progressif qui rappelle les systèmes envisagés par l’Etat pour les Perp et Perco.

Un fonds résistant

L’intérêt ? Le système doit permettre un « lissage des performances », selon le directeur. « A terme, l’objectif est de dépasser le fonds euros, mais en limitant les risques de résultats heurtés. » Or, le choix de Carmignac Patrimoine peut surprendre. La star des OPCVM connaît, depuis 2014 une explosion de sa volatilité. À tel point que l’analyste Quantalys l’a rétrogradée « 2 étoiles » (sur 6).

Mais la MIF assume. « C’est un paquebot qui gère 21 milliards d’euros et veut préserver réellement le patrimoine », promet Olivier Sentis. « En période de hausse, sa performance sera peut-être légèrement moins bonne que d’autres. » Mais le plus important, c’est son comportement en période de baisse. « Depuis le début 2016, l’UC fait bien mieux que l’ensemble du marché. Comme s’ils avaient anticipé le risque de surchauffe sur les actions. La promesse que l’on fait aux clients, ce n’est pas de leur proposer le meilleur fonds. Mais celui qui résiste le mieux, et qui a le moins de trimestres négatifs sur une durée très longue. »

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L’esprit euro-croissance, la simplicité en plus

Pour la mutuelle, le contrat doit permettre de déporter une partie de la collecte du fonds euros, et de gagner des frais de gestion (0,6% sur la part UC). « Mais nous ne ferons pas de commercialisation incitative sur ce produit », assure Olivier Sentis. L’objectif à terme reste donc modeste : moins de 15% du total des encours.

Comme tous les contrats MIF, Horizon Euroactif impose de 1% à 2% de frais sur versement, selon les montants investis (1). Mais aucune pénalité n’est prévue en cas de sortie anticipée. « Le but est de définir un horizon et de s’y tenir, rappelle le directeur général. Mais le client pourra sortir à tout moment. Le seul risque est d’obtenir des performances moins bonnes que si l’on s’en tient à l’échéance prévue. »

Reste une question : vu l’esprit de ce contrat à horizon défini, pourquoi ne pas avoir créé un vrai fonds euro-croissance ? « L’euro-croissance, c’est invendable », lance Olivier Sentis.« Il faut que le client soit expert en finances, ou fasse une confiance aveugle au vendeur. D’un point de vue informatique, c’est lourd pour l’assureur. Le multisupports MIF, c’est notre réponse à ces contrats très complexes. L’idée de l’euro-croissance, mais en plus simple, accessible et compréhensible. »

(1) 2% jusqu’à 19.999 euros, 1,5% de 20.000 à 39.999 euros, 1% au-delà de 40.000 euros.