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Coronavirus : les placements les mieux vaccinés contre la chute boursière

Une pièce de 2 euros qui coule
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La crise sanitaire mondiale du Covid-19 pourrait être l’élément déclencheur du krach boursier que le monde financier redoutait. Le CAC 40 était au plus haut début février. Il est déjà retombé à son niveau de mi-2013. Une chute de plus 30% en 20 jours ! Quels sont les produits d’épargne qui ne risquent rien ? Et où devez-vous guetter les mauvaises surprises ?

Livret A, LDDS, LEP : votre épargne reste garantie et disponible

Les placements les plus répandus en France sont – de loin – les livrets d’épargne réglementée : Livret A en première ligne, complété par son jumeau le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Livret d’épargne populaire (LEP), accessible aux seuls ménages modestes. Pour ces placements, la crise boursière ne change rien : votre épargne est garantie, et la rémunération (0,50% pour le Livret A et le LDDS, 1% pour le LEP) est inchangée.

Et en cas de faillite bancaire ? Ce scénario, très improbable étant donné les multiples mécanismes de supervision mis en place depuis la crise des subprimes en 2007-2009, n’aurait pas d'impact sur l'épargne déposée sur ces livrets. Livrets A (et Bleus au Crédit Mutuel), LDDS et LEP profitent d’une garantie d’Etat spécifique, distincte de la garantie couvrant le reste de vos placements à hauteur de 100 000 euros. En cas de scénario catastrophe, les sommes déposées sur ces livrets sont entièrement protégées.

PEL, comptes courants et livrets classiques : pas de panique non plus

Plan d’épargne logement (PEL), Compte épargne logement (CEL), livrets bancaires non réglementés, Livret jeune mais aussi comptes courants : ces produits financiers ne sont pas soumis aux aléas de la bourse.

Et en cas de faillite bancaire ? Tous ces produits financiers profitent du mécanisme de garantie des dépôts en cas de cataclysme financier : votre épargne et plus largement vos dépôts (compte courant y compris) sont garantis jusqu’à 100 000 euros par personne et par établissement bancaire.

Assurance vie : fonds euros garanti, le reste non

L’assurance vie, un produit sans risque ? Cette affirmation n’est pas totalement vraie. Tout dépend de la manière dont vous avez réparti vos avoirs. L’épargne investie sur le fonds en euros profite d’une garantie en capital : à l’image d’un livret, vous êtes certain de retrouver votre mise, et les intérêts annuels sont transformés chaque année en capital. Environ 80% de l’épargne en assurance vie profite ainsi de cette garantie en capital.

En revanche, l’argent que vous avez investi sur les supports en unités de compte peut faire les frais d’une chute boursière ! Sauf cas particulier, la garantie en capital n’existe pas dans le lot des unités de compte (UC). A ce stade, les UC investis dans l’immobilier sont préservées, mais l’immense majorité des UC sont directement ou indirectement indexés sur les cours bousiers. Tous les épargnants ayant un contrat multisupports avec une part d’UC, ou en gestion pilotée, risquent d’enregistrer des pertes. Du moins temporairement puisque l’histoire de la bourse est faite de chutes et de remontées. Cette logique, d’une épargne partiellement investie sur des supports en UC, concerne aussi le Plan d’épargne retraite individuel, dont l’enveloppe financière est souvent la même que celle d’une assurance vie.

Comment réagir ? Lundi, l’assureur Apicil a reconnu enregistrer une forte hausse des arbitrages « vers des valeurs vues comme moins risquées » depuis deux semaines. Autrement dit : des sommes arbitrées des UC vers le fonds en euros ou de fonds bousiers vers des fonds immobiliers, par exemple. Stellane Cohen, directrice générale du courtier Altaprofits, déconseille toutefois de réagir trop brutalement, en rappelant que « nous sommes dans une période d’extrême volatilité et d’incertitude ». Impossible de savoir jusqu’où peut tomber la bourse, ou si elle va finalement remonter.

Et en cas de faillite de l’assureur ? Comme pour les banques, ce scénario est pour l’heure extrêmement improbable. Et, dans le pire des cas, votre épargne en assurance vie profite d’un système de garantie : jusqu’à 70 000 euros par épargnant pour les dépôts effectués dans chaque compagnie d’assurance.

Plan d’épargne en actions : grosse chute… ?

-32% pour Total, -31% pour la Société Générale ou -37% pour ArcelorMittal en moins d'une semaine… Si vous avez misé (sur un PEA ou un compte-titres) sur quelques grandes valeurs du CAC 40, le « krach » des 20 derniers jours va faire fondre votre portefeuille en bourse. Si vous avez « coupé vos pertes » rapidement, fin février, en vendant vos actions pour rapatrier votre épargne sur le compte-espèces, vous aurez peut-être évité de trop grosses moins-values.

Comment réagir à la chute ? Une fois la chute enclenchée, difficile de savoir s’il faut ou non vendre vos actions, et quand revoir vos placements… Car vendre au plus bas sera toujours perdant. « Il vaut mieux éviter d’être un mouton et jouer à contre-courant », conseille l’économiste Philippe Crevel. Autrement dit : investir quand la bourse est au plus bas, plutôt que vendre en actant vos pertes au pire moment. Pour rappel, malgré la crise des subprimes, le gendarme boursier, l’AMF, a estimé à 5% par an le rendement moyen de la bourse depuis les années 1990, à condition de conserver les titres au moins 20 ans.

Par ailleurs, concernant le cas extrême de la faillite de la banque où vous possédez un PEA, l’épargne investie en actions bénéfice elle aussi de son propre mécanisme de protection : vos titres sont indemnisés jusqu’à 70 000 euros par client et par établissement.

Lire aussi : Epargne et coronavirus : faut-il paniquer pour vos placements ?

Epargne salariale : tout dépend des fonds sélectionnés

Vous avez perçu de l’intéressement ou de la participation de la part de votre employeur ? Et vous avez choisi de le placer sur un Plan d’épargne entreprise (PEE) ou autres Plan d'épargne retraite (PER) et Plan d’épargne pour la retraite collectif ( Perco) ? L’épargne salariale est investie sur des fonds d’investissement au profil modéré, équilibré ou encore dynamique, selon le degré de risque que vous avez accepté au moment de répartir votre épargne. Résultat : le relevé de l’année 2019 sera quasiment à coup sûr très positif, car le CAC 40 a gagné 25% en un an. Mais ce gain sera probablement annulé par la forte chute de cette fin d’hiver 2020...

Comment réagir à la chute ? Une chute boursière n’est pas un cas de déblocage anticipé pour l’épargne salariale. Si vous n’avez pas atteint les 5 ans de détention (pour un PEE), impossible de retirer votre argent. Il est en revanche toujours possible de revoir la répartition de vos placements, en veillant toutefois à analyser l’évolution récente de chaque fonds.

Quid du scénario extrême de la faillite bancaire ? Le mécanisme de garantie des dépôts couvre la défaillance de l’établissement « teneur de compte » (la banque ou autre établissement qui gère le plan) à hauteur de 100 000 euros par client.

Lire aussi : Comment revoir ses placements sur un plan d’épargne salariale ?

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© MoneyVox / BL / Mars 2020

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