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Epargne en couple : comment se mettre de l'argent de côté ?

couple heureux qui réfléchit à son avenir
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Amour, raison et argent : trois concepts qui ne s’accordent pas toujours très bien. Et pourtant, pour préparer l’avenir à deux, mieux vaut intégrer un peu de rationalité dans la gestion de l’épargne du couple.

39% des personnes en couple déclarent mettre de l’argent de côté chaque mois, contre 27% seulement des célibataires, d’après une récente étude de l’Ifop (1). Le couple serait donc bon pour la santé… de l’épargne ! Mais gérer un budget et épargner à deux n’est pas toujours simple. La somme d’argent à mettre de côté, le but de l’épargne commune ou encore les placements à privilégier… Voici quelques recommandations pour discuter plus sereinement avec votre conjoint.

A quoi sert l’épargne du couple ?

Que vous soyez en couple ou célibataire, épargner vise deux objectifs. Cela vous permet, d’une part, de faire face aux dépenses imprévues (réparations de votre voiture, frais médicaux non remboursés, perte d’un revenu…) et de vous faire plaisir. C’est ce que les conseillers financiers appellent l’épargne de précaution. Mais épargner vous permet aussi de préparer des projets plus onéreux et à plus long terme, comme l’achat de votre résidence principale et le financement des études de vos enfants. Dans ce cas, on parle d’épargne projet. Entre également dans cette catégorie le bas de laine que vous et votre conjoint vous constituez en prévision de vos vieux jours.

Quand devez-vous commencer à épargner à deux et combien ?

Si aborder la gestion budgétaire lors d'un premier tête-à-tête ne semble pas être la meilleure façon de briser la glace, cette discussion devient incontournable lorsque le couple s’inscrit dans la durée. « Les couples, à partir du moment où ils vivent ensemble et ont des charges communes, doivent en premier lieu se constituer une épargne de précaution, avant d'aborder l'épargne projet », explique Valérie Bentz, responsable du département des études patrimoniales de l’Union financière de France (UFF).

Si la plupart des conseillers bancaires recommandent de conserver 2 à 6 mois de salaire, la porte-parole de l’UFF préfère raisonner en termes de charges récurrentes. « Dans l'idéal, l'épargne de précaution doit représenter 6 à 12 mois de dépenses communes », précise ainsi Valérie Bentz. Autrement dit, si vos dépenses incompressibles (loyer, mensualité de crédit, transport, assurances, alimentation, énergie, facture de téléphonie…) s’élèvent à 2 000 euros par mois, il est de bon ton, selon la porte-parole de l’UFF, d’avoir entre 12 000 et 24 000 euros de côté. C’est ensuite le statut professionnel qui permet d’affiner le montant nécessaire… Les ménages aux revenus plus aléatoires devant être plus précautionneux que ceux ayant une certaine sécurité de l’emploi.

Epargne pour le couple et personnelle : quelle est la bonne proportion ?

Une fois l’épargne de précaution constituée, l’excédent budgétaire peut alors servir à préparer des projets communs. Il peut aussi alimenter l’épargne individuelle des conjoints. Pour quelle proportion entre l’épargne commune et l’épargne personnelle ? « Si on intègre l’achat immobilier, les études des enfants et les dépenses courantes, l’épargne dédiée au ménage représente quelque 80% de l’épargne globale du couple », avance Frédérique Sisco, responsable du marketing épargne pour les particuliers chez LCL.

L’épargne individuelle souvent propriété du couple

Si vous êtes mariés sous le régime de la communauté des biens – ce que choisissent une très large majorité des couples – l’épargne accumulée après le mariage appartient aux deux conjoints. Le fait qu’elle soit domiciliée sur un compte à votre seul nom n’y change rien. En revanche, d’un point de vue légal, les avoirs bancaires d’un couple non marié appartient au titulaire du compte ou du produit d’épargne.

Pour aller plus loin, lire : A qui appartient l’argent en banque du couple ?

Bien sûr, le montant « en euros » de l’épargne projet du couple dépend de votre capacité d’épargne et des sommes nécessaires pour réaliser les projets communs. En pratique, il est conseillé que cette épargne soit accumulée progressivement et que chacun des conjoints contribue à la hauteur de ce qu’il peut, afin que l’acte d’épargne ne représente pas un effort démesuré pour le couple.

Et concrètement ? S’agissant d’un achat immobilier, il est en principe conseillé d’avoir un apport équivalent à 10% du prix du bien, même si, en pratique, les banques dérogent plus facilement à cette règle depuis la chute des taux d’intérêt. En ce qui concerne la préparation de la retraite, l’enveloppe finale à mettre de côté dépend du complément de revenu espéré et du laps de temps devant vous. Ainsi, « pour certains couples, il sera nécessaire d'épargner 1 000 euros par mois pendant 30 ans, quand pour d'autres au train de vie plus modeste n'ont besoin que de 200 euros d'épargne mensuelle », analyse Valérie Bentz de l’UFF.

Où placer l’argent du couple ?

La séparation de l’épargne de précaution et de l’épargne projet doit s’opérer au sein même des placements sélectionnés. Le but de la première cagnotte étant de faire face aux imprévus, il est nécessaire que cet argent puisse être débloqué facilement et rapidement. C’est pourquoi les livrets d'épargne – liquides et sans frais de gestion – sont particulièrement appropriés à l’épargne de précaution. Selon la responsable du département des études patrimoniales de l’UFF, « l'épargne de précaution, sous réserve d'en détenir une partie sur des livrets, peut aussi être investie dans des enveloppes plus dynamiques, qui nécessitent un peu plus de temps pour libérer les fonds, comme les fonds euros de l'assurance vie ».

Voir notre comparatif des livrets d'épargne et des assurances vie

Que penser du compte sur livret joint ?

« Pour les dépenses courantes ou l’épargne de précaution, un compte joint fait l’affaire », estime Frédérique Sisco… Son atout : sa clarté. La totalité des fonds étant rassemblée sur un même support, les deux conjoints peuvent consulter à tout moment l’encours disponible. Cela peut être rassurant et plus simple si vous alimentez votre livret joint depuis votre compte commun. Mais vous pouvez aussi choisir deux livrets individuels. « Les comptes sur livret joints ne rendent pas plus de services que deux Livrets A », estime d’ailleurs Valérie Bentz. Ils en rendent même peut-être moins étant donné que les livrets réglementés, comme le Livret A et e LDDS, sont exemptés de fiscalité.

Quels supports pour les projets à deux tels l’achat d’un logement ?

S’agissant de l’épargne projet, exit le livret ! En fonction de votre horizon de placement, vous pouvez choisir des produits moins liquides et sans garantie en capital, comme l’assurance vie avec unités de compte et le Plan d’épargne retraite (PER) individuel. Si vous ne comptez a priori pas puiser dans cette épargne avant de nombreuses années et que votre niveau de patrimoine vous permet d’assumer une perte financière, vous pouvez même ouvrir un compte-titres ou un Plan d’épargne en actions (PEA). Le PEA étant, au passage, fiscalement plus intéressant que l’assurance vie après 5 ans de détention. En couple comme seul, l’important est de diversifier votre patrimoine financier (aussi bien en termes de risque pris que d’exposition géographique et sectorielle) sans toutefois, pour limiter les frais facturés, multiplier à outrance le nombre de supports et les arbitrages.

Le PER individuel se prête également bien à la constitution d’un apport personnel en prévision d’un crédit immobilier. L’achat de la résidence principale est en effet un cas de déblocage anticipé du PER « tout en offrant un avantage fiscal si le couple fait le choix de déduire à l'entrée les sommes versées (en revanche le retrait sera fiscalisé) », ajoute Valérie Bentz. Le Plan d’épargne logement (PEL) est quant à lui de moins en moins recommandé par les conseillers financiers. Rémunération à 1% seulement, fiscalisés et taux du prêt supérieur à la moyenne du marché : les PEL ouverts depuis 2018 ne présentent désormais que peu d’intérêt.

Comme en matière d’épargne de précaution, il n’est absolument pas nécessaire d’ouvrir des placements joints pour l’épargne projet du couple. « L'acte d'épargne peut être équitable tout en ayant chacun de son côté ses propres placements, souligne en effet Valérie Bentz. D'ailleurs, la plupart des supports ne peuvent être souscrits à deux et cela ne pose pas de problème », poursuit-elle. En effet, seuls certains livrets fiscalisés, les comptes-titres (hors PEA) et certaines assurances vie (si l’assureur autorise la souscription conjointe) peuvent être ouverts à deux. En couple, « ce que l’on conseille ce sont plutôt les placements nominatifs mais croisés, explique Frédérique Sisco. Exemple ouvrir un contrat d’assurance vie à monsieur bénéficiaire madame et un contrat d’assurance vie à madame bénéficiaire monsieur. L’avantage est de pouvoir en bénéficier en cas de succession », détaille la responsable du marketing épargne chez LCL.

En résumé,

  • En couple, comme seul, il est nécessaire de se constituer d’abord une épargne de précaution pour les dépenses imprévues et les achats coups de cœur.
  • Ensuite, dans un second temps, l’épargne projet permet de concrétiser plus facilement les projets de vie du couple, comme l’achat de la résidence principale.
  • Cette épargne doit être si possible constituée progressivement en cohérence avec le niveau de ressources du ménage.
  • Si le livret se destine tout naturellement à l’épargne de précaution, l’épargne projet peut être placée sur différents supports (assurance vie, PER, PEA…). Tout dépend de l’horizon de placement, du projet ainsi financé et de votre appétence pour les placements risqués.

(1) Enquête de l'Ifop pour Portail-SCPI menée par questionnaire auto-administré en ligne du 16 au 17 octobre 2019 auprès d’un échantillon de 2 008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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© MoneyVox / MEF / Janvier 2020

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