La Sécu a dépensé près de 127 millions d'euros l'an dernier pour rembourser des médicaments homéopathiques. Utilisée par plus de la moitié des Français, l’homéopathie risque de ne plus être pris en charge à l'avenir.

En pleine polémique sur l’efficacité de l’homéopathie, la Caisse nationale d’assurance maladie a divulgué, ce mercredi, le montant total des remboursements consacrés à ce produit inventé au XVIIIème siècle par Samuel Hahnemann, un médecin allemand. Sur les 600 millions d’euros dépensés chaque année par les Français pour acheter de l’homéopathie, dont une partie sans ordonnance, 126,8 millions d’euros ont été remboursés l’an dernier, un peu moins que les 129,6 millions d’euros de l’année précédente. Une goutte d’eau à l’échelle des 20 milliards d’euros remboursés pour les médicaments plus classiques.

Malgré tout, l’homéopathie, déjà utilisé par plus de la moitié des Français selon l’ordre des médecins, est dans le viseur des pouvoirs public. Remboursé à 65% en 1984, ce taux est passé successivement à 35% en 2003 et 30% en 2011.

Mais il est fort possible qu’à l’avenir, elle ne soit plus du tout pris en charge par la Sécu. La Haute autorité de santé (HAS) a fait savoir qu’elle recommande de ne plus rembourser les granules homéopathiques estimant qu'elles offrent un« service médical rendu insuffisant. » Son avis définitif est attendue pour le mois prochain après que les fabricants, dont le leader mondial Boiron, adressent leurs arguments pour tenter d'influencer son opinion.

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Dans tous les cas, la ministre de la Santé a laissé entendre qu’elle se rangerait à la conclusion de la HAS. Agnès Buzyn avait estimé récemment que « l’homéopathie ne fait pas de mal… Ces traitements ont probablement un effet placebo. Mais s’ils continuent à être bénéfiques sans être nocifs, si ça peut éviter d’utiliser des médicaments toxiques, quelque part je pense que nous y gagnons collectivement. »

De son côté, Boiron estime que le non-remboursement de l’homéopathie, pourtant prescrit par un médecin sur trois, menace la survie de 1 000 emplois sur les 3 600 salariés du groupe.