Christine Lagarde, ministre de l'Economie, estime que la réforme du Livret A ne constitue pas un « cadeau » pour les banques et que les inquiétudes pour le logement social ne sont pas « justifiées », dans un entretien mardi au journal Les Echos.

Alors que Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit Lyonnais, avait jugé la réforme « totalement illisible » et  «dangereuse» pour le financement du logement social, Mme Lagarde réfute ces accusations.

Selon la ministre, le versement d'une rémunération de 0,6% pour la collecte ne porte que sur les sommes centralisées à la Caisse des dépôts (70% contre 100% aujourd'hui) et n'est donc pas un « cadeau » fait aux banques. « Il est évident que nous ne paierons pas de commissions aux banques sur les 30% de la collecte qui resteront dans leur bilan », dit-elle.

La réforme du Livret prévoit notamment que ce produit d'épargne, aujourd’hui réservé à la Banque Postale, à la Caisse d'Epargne et au Crédit Mutuel, pourra être délivré par l'ensemble des banques. Une réforme « on ne peut plus lisible pour l'épargnant qui pourra ouvrir un Livret A dans l'établissement de son choix » selon Christine Lagarde.

Mme Lagarde estime également que les craintes manifestées par le collectif « touche pas à mon Livret A»  sont injustifiées. « Le financement du logement social par les fonds d'épargne va devenir plus compétitif grâce aux économies que nous réaliserons en réduisant de près de la moitié les commissions payées aux banques pour distribuer le Livret A », dit-elle.

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Sur la compatibilité de la réforme avec la réglementation européenne, Mme Lagarde assure que la « qualification d'aide d'Etat » pour la rémunération de la collecte « n'est pas applicable ». « Nous avons régulièrement discuté du projet de loi avec » la commissaire en charge de la concurrence, Neelie Kroes, qui selon la ministre « a pu constater que la réforme allait dans le bon sens ».

Mme Lagarde rappelle que le « propre du Livret A est d'être un livret d'épargne défiscalisée » et assure qu'il « n'est pas envisagé d'ouvrir cette question à aucun titre ».