C'est l'une des imperfections du prélèvement à la source : les crédits et réductions ne sont pas encore pris en compte dans le calcul du taux de prélèvement ! Raison pour laquelle le fisc vous verse une avance en janvier. Mais, dans certains cas, il faut refuser le « cadeau empoisonné » de janvier 2023 : voici pourquoi, et comment procéder.

Depuis 2019, à la mi-janvier, le fisc joue au Père Noël « bis » pour près de 9 millions de foyers. Si vous avez l'habitude de bénéficier d'une réduction d'impôt pour dons aux œuvres, pour investissement locatif ou d'un crédit d'impôt pour emploi à domicile ou garde d'enfants, vous avez certainement pris l'habitude d'encaisser ce virement de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) à la mi-janvier. Montant moyen du « cadeau temporaire » du Trésor public : 605 euros, soit l'équivalent de 60% du montant habituel des crédits et réductions d'impôt des contribuables concernés.

Crédits et réductions d'impôtMontant moyen de l'avance *
Dons aux œuvres132 €
Cotisations syndicales54 €
Emploi à domicile633 €
Frais de garde d'enfants370 €
Dépenses d'accueil en Ehpad391 €
Investissement locatif2 380 €
Montant total tous dispositifs cumulés605 €

* Moyennes 2019 sauf pour le montant total (moyenne 2022)
Source : DGFiP

Cette avance a été créée par l'Etat pour éviter aux ménages d'avoir à avancer eux-mêmes de l'argent au fisc. Car les crédits et réductions ne sont pas encore pris en compte dans le calcul du taux de prélèvement à la source.

Quel intérêt de modifier ou de renoncer à l'avance du fisc ?

Problème : parfois, l'avance est sur-estimée. La preuve : 10,7 millions de foyers viennent de payer un solde d'impôt sur le revenu, fin septembre. Ce solde est dû à des revenus qui ont grimpé en flèche... ou à une avance trop importante perçue en janvier 2022. Que la DGFiP demande ensuite à rembourser. Dans certains cas, la bonne surprise de janvier s'est donc transformée en grimace en septembre...

Comment expliquer que l'avance soit surévaluée ? C'est une question de calendrier. Le fisc calcule ce « cadeau » sur la base de la dernière déclaration de revenus, et l'avance concerne elle les revenus de l'année en cours : d'où un calcul collant parfois peu avec la réalité. Raison pour laquelle la DGFiP vous incite à modifier (voire renoncer) à votre avance.

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Qui est concerné par la correction de l'avance d'impôt ?

Tous les contribuables qui doivent toucher une avance en janvier peuvent y renoncer, via leur espace personnel. L'avance versée en janvier 2023 sera calculée sur la base de vos crédits et réductions touchées en 2022, donc sur la base de votre déclaration 2022 portant sur les revenus 2021. Or, parfois, la situation a évolué... Si vous avez droit à des avantages fiscaux en 2022 mais que ce ne sera plus le cas en 2023, vous aurez à rembourser l'avance en septembre 2023 !

Exemple. Vous avez déclaré pour 2021 des frais de garde d'enfant pour 2 000 euros, ce qui vous a donné droit à 1 000 euros de crédit d'impôt en 2022. Le fisc vous versera 600 euros d'avance en janvier 2023. Sauf que votre enfant a eu 3 ans en 2021 et que vous n'avez déboursé aucuns frais de garde en 2022. Dans ce cas la DGFiP va vous avancer 600 euros en janvier 2023... que vous devrez très probablement lui rendre en septembre.

Plus de 200 000 foyers fiscaux ont ainsi abaissé l'avance qui leur était destinée l'an passé : très exactement 58 430 demandes de baisse et 146 177 renonciations au virement DGFiP de la mi-janvier.

Le cas des « précurseurs » de l'avance immédiate emploi à domicile

Vous faites partie des 300 000 foyers qui utilisent déjà l'avance immédiate de crédit d'impôt ? Vous êtes les premiers à toucher ce crédit d'impôt chaque mois et donc plus avec un an de décalage. Bonne nouvelle, vous n'avez rien à faire ! « Si vous avez eu recours en 2022 au service offert par l'Urssaf permettant de bénéficier de l'avance immédiate au titre des services à la personne, le montant de crédit immédiat perçu cette année sera automatiquement déduit du montant de l'avance qui vous sera versée en janvier prochain, sans aucune action de votre part », annonce la DGFiP dans l'email qu'elle vient d'envoyer aux foyers concernés par l'avance de janvier.

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Comment demander la suppression ou une baisse de l'avance ?

Dans votre espace « gérer mon prélèvement à la source », sur le site des impôts, cliquez sur le bouton « gérer votre avance de réductions et crédits d'impôt ». La DGFiP vous rappelle le montant total de vos crédits et réductions d'impôt (en 2022 sur la base des revenus 2021). Trois choix s'offrent à vous : conserver l'avance, y renoncer ou la modifier.

Avance crédit impôt
Capture d'écran de l'espace « Gérer mon prélèvement à la source »

Si vous choisissez de modifier votre avance, le fisc vous invite alors à estimer le montant total de votre avantage fiscal 2023 sur la base de vos revenus et charges 2022, grâce au simulateur du fisc. A vous de remplir le montant estimé, et la DGFiP vous indique l'avance recalculée. L'administration fiscale précise dans cette fenêtre que la modulation de l'avance est ainsi ouverte jusqu'au mercredi 14 décembre 2022.

Avance crédit impôt

Vous aimeriez gonfler le montant que le fisc vous versera en janvier ? Dommage... Ce service ne permet pas d'augmenter le montant de l'avance, si vous estimez que vos avantages fiscaux vont progresser.

Avance crédit impôt

Par ailleurs, cette démarche de suppression ou de modification de l'avance est totalement facultative : vous pouvez donc choisir consciemment de conserver cette avance surévaluée en janvier. Prévoyez juste suffisamment d'argent pour la rembourser en septembre 2023 !

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