Les députés LR insistent pour ramener à 5,5% la TVA dans les secteurs les plus touchés par la crise économique dont les restaurants. Une proposition qui aurait bien des avantages. Mais pas que…

C’est une idée qui tient à cœur aux Républicains. Mercredi, le groupe LR à l’Assemblée va déposer un amendement pour baisser la TVA là où « les fermetures administratives ont été les plus dures à supporter », rapporte Le Journal du dimanche (JDD).

Il y a tout juste un an, la députée LR Brigitte Kuster avait déposé une proposition de loi, après la fin du premier confinement, visant à « sauver » l'hôtellerie-restauration, avec une baisse temporaire de la TVA à 5,5%. « Une TVA à 5,5%, c'est un emploi sauvé par restaurant ! », expliquait alors le chef de file des députés LR Damien Abad. En vain. Le gouvernement avait dit non à cette proposition. Mais chez LR, on n’en démord pas. Damien Abad explique au JDD que cette baisse ciblée de la TVA permettrait de booster l’activité et les emplois.

Ces réductions ponctuelles de TVA, qu’elles soient générales ou ciblées sur certains secteurs, plusieurs de nos voisins les ont expérimentées ces derniers mois (Allemagne, Autriche, Belgique, Royaume-Uni…) Cette idée est défendue aussi par Mathieu Plane. Cet économiste à l’OFCE, interrogé en mars par MoneyVox, expliquait que c’était l’un des meilleurs moyens de pousser les particuliers à déconfiner la sur-épargne accumulée depuis le début de la pandémie. « Une fois que la situation sanitaire va se normaliser et permettre progressivement la réouvertures des cafés, des restaurants, des hôtels, des lieux culturels, ce sera le moment de donner un coup de pouce supplémentaire avec une baisse temporaire de la TVA pour ces secteurs les plus touchés, estimait Mathieu Plane. Il faut bien la cibler car si on s’y prend mal, on risque de favoriser les importations, et ce au détriment de la consommation de services locaux. Cela n’a pas le même impact si vous allez acheter un ordinateur ou si vous allez au restaurant. Et en plus, une baisse généralisée de la TVA, principale ressource pour l'Etat, serait un gouffre financier ».

Un geste qui vaut de l'or

Faire passer la TVA de 10% dans la restauration, aujourd’hui, à 5,5% pendant 6 mois coûterait un peu plus de 2 milliards d’euros aux caisses de l’Etat. Si une baisse de la TVA, en théorie, devrait faire baisser les prix en créant un appel d’air pour que les clients dépensent plus, rien n’est moins sûr. Nicolas Sarkozy en 2009 avait ramené le taux de TVA à 5,5% sans impact notable sur les prix, selon l’Insee. Mais peu importe pour Mathieu Plane : cela permettrait au moins à ces secteurs frappés par la crise de restaurer leurs marges.

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Si l’idée des députés LR séduit à gauche, elle laisse de marbre le gouvernement. « Pas question d’y toucher. C’est une mesure clientéliste qui ne génère pas de pouvoir d’achat. La droite peut renouveler ses erreurs mais nous on préfère diminuer les impôts de production et soutenir l’industrie », lâche un conseiller.

Baisser la TVA pour réduire les inégalités, une fausse bonne idée ?