L'Assemblée nationale a rejeté jeudi une proposition de loi LR visant à « sauver » l'hôtellerie-restauration, avec une baisse temporaire de la TVA à 5,5%, une mesure jugée « pas opportune » par le gouvernement qui a mis en avant les autres aides engagées pour le secteur.

Le texte, porté par Brigitte Kuster, prévoyait cette baisse de TVA de 10% à 5,5% pour l'hôtellerie-restauration jusqu'au 31 décembre 2020.

Défendant « une mesure complémentaire » qui n'est pas « l'alpha et l'oméga », l'élue de Paris a estimé qu'elle « permettrait de sauver un grand nombre d'entreprises et donc d'emplois », lors de la journée dédiée aux propositions de son groupe (« niche parlementaire »). « Ces secteurs sont au rouge depuis maintenant plusieurs mois », frappés de manière « brutale » par la pandémie de Covid-19 après « les manifestations et les grèves de 2019 », a-t-elle souligné.

« Une TVA à 5,5% c'est un emploi sauvé par restaurant ! » a

« Avec 90% de l'activité à l'arrêt », il s'agit du secteur le plus touché avec celui de la culture, a-t-elle ajouté, pointant « au-delà des chiffres », des « centaines de milliers de personnes qui sont dans l'angoisse », avec « déjà deux suicides » dans la profession. « Une TVA à 5,5% c'est un emploi sauvé par restaurant ! » a renchéri le chef de file des députés LR Damien Abad, renouvelant son appel à une réouverture urgente de l'ensemble des restaurants en France.

Le secrétaire d'Etat Olivier Dussopt a fait état d'un « constat partagé » sur les difficultés du secteur, et souligné que l'Etat l'avait « soutenu fortement et continuera à le faire ». Mais il a jugé la mesure sur la TVA « pas opportune », le gouvernement ayant réservé cet effort à des dispositions ponctuelles comme l'achat de masques. Il a notamment souligné que « la quasi-totalité » du secteur avait eu recours au chômage partiel et que des prêts garantis par l'Etat avaient été accordés à « 50.000 entreprises du secteur pour un total de 6,2 milliards » à ce stade.

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En outre, a-t-il ajouté, le troisième projet de budget rectifié présenté mercredi prévoit de nouvelles mesures, dont des exonérations sur les cotisations sociales patronales. Les élus LREM et MoDem ont abondé, Agir et EDS ne soutenant pas non plus le texte.

Plusieurs groupes d'opposition ont en revanche apporté leur appui dont l'UDI, mais aussi des alliés plus inhabituels pour LR comme Libertés et Territoires, le PCF et le PS, tout en jugeant que la mesure « devra s'accompagner de bien d'autres ». Sébastien Chenu (RN, non inscrit) a aussi jugé que « toutes les mesures d'urgence » visant à préserver l'emploi sont « les bienvenues ».