La crise na pas eu le même impact sur tous les particuliers, loin de là. Si leur pouvoir dachat est resté stable en 2020 grâce à la palette de filets de sécurité mis en place par le gouvernement, dont le chômage partiel, 20% des ménages les plus pauvres ont puisé dans leur épargne, voire même emprunter, pour sen sortir. A linverse, 70% des 110 milliards de sur-épargne accumulé lan dernier ont profité aux 20% des ménages les plus aisés.
Dans ce contexte, plusieurs voix sélèvent pour instaurer une taxe spécifique sur les hauts revenus afin daider les plus vulnérables. Cest le cas de lancien grand patron Louis Gallois qui veut ainsi que le produit de cette imposition temporaire soit destiné aux jeunes les plus touchées par la situation actuelle.
Une récente étude très instructive de lInsee sintéresse au poids de la TVA et à lintérêt ou non de la baisser pour réduire les inégalités. « Assise sur la consommation, elle est payée par lensemble de la population ; elle représente une part globalement stable de la consommation quel que soit le niveau de vie des ménages mais pèse davantage sur les revenus des ménages les moins favorisés. En effet, les ménages les plus aisés ne consomment pas lintégralité de leurs revenus et paient donc relativement moins de TVA, car ils épargnent plus », souligne lInstitut.
L'expérience de la baisse à 5,5% dans la restauration
Doù lintérêt, peut-être, dans le contexte actuel, de réduire cette taxe qui représente 16% de lensemble des prélèvements obligatoires, contre seulement 7% pour limpôt sur le revenu. Séduisante sur le papier, cette idée nest pas forcément la meilleure daprès les auteurs de létude. En effet, une partie des baisses de TVA peut ne peut pas profiter directement au client final mais plutôt aux producteurs et fournisseurs. Cest ce qui sétait produit en partie avec la baisse de la TVA dans la restauration en 2009 par exemple. Passée à 5,5%, elle avait coûté 3 milliards deuros aux finances publiques en 2010, par exemple, pour une baisse des prix inférieurs à 2%. Et même si une réduction de la TVA entraînait une baisse des prix, celle-ci profiterait à lensemble des ménages et donc également aux ménages les plus aisés.
Et ce dautant plus que « la plus grande part de la TVA récoltée par lEtat est supportée par les ménages les plus aisés, car les inégalités des revenus avant redistribution sont fortes. Malgré une épargne nettement supérieure pour les plus aisés, les montants consommés croissent eux aussi avec le revenu. Ainsi, 64% de la TVA est portée par la moitié la plus aisée des ménages. Plus précisément, les 20% les plus aisés sacquittent de 32% du total de TVA contre 12% pour les 20% les plus modestes », explique létude. Autrement dit, une baisse de la TVA est avant tout un cadeau fait aux plus aisés.
Face au coût élevé pour les finances publiques, cette étude de lInsee recommande, plutôt que de baisser la TVA pour réduire les inégalités, de réfléchir à des instruments plus ciblés pour aider les moins favorisés.



















