2042, 2031, 2035, 2065 ou encore 2042-C-PRO... À moins d'avoir un expert-comptable sous la main, la saison des impôts peut vite tourner au casse-tête pour les indépendants. Si la déclaration 2042 concerne tous les contribuables, les formulaires complémentaires varient selon le régime fiscal et social de l'entrepreneur.

Les entrepreneurs individuels (au réel ou en micro-entreprise) ainsi que certaines sociétés relevant de l'impôt sur le revenu (EURL, SNC, et, de manière encadrée, certaines SAS) doivent remplir une déclaration complémentaire de revenus non salariés (2042-C-PRO). Ceux qui relèvent du régime réel doivent au préalable télétransmettre une déclaration annuelle de résultats aux impôts.

Les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés doivent, de leur côté, déposer une déclaration de résultats 2065. Le dirigeant doit ensuite déclarer sa rémunération dans sa déclaration de revenus (2042 ou la 2042-C-PRO selon son régime social). Pour les dividendes, il pourra choisir entre le prélèvement forfaitaire unique (PFU) et le barème progressif de l'impôt sur le revenu.

À l'exception des micro-entrepreneurs, les indépendants relevant du régime des travailleurs non salariés (TNS) doivent enfin compléter un volet social intégré à leur déclaration de revenus.

Bonne nouvelle : mis à part la liasse fiscale, les formulaires annexes comme la 2042-C-PRO sont proposés automatiquement lors de la déclaration en ligne. Ils s'affichent en fonction des informations déjà connues de l'administration et des rubriques sélectionnées dans la 2042.

Micro-entrepreneurs au versement libératoire : l'obligation de déclaration du CA aux impôts en 2026

Déclaration de résultats et de revenus complémentaire : à chacun son formulaire

Pour ne pas s'y perdre, l'entrepreneur doit donc tenir compte de son statut juridique (entreprise individuelle ou société), de son régime fiscal (réel ou non), de son imposition (IS ou IR) et de son régime social (TNS ou assimilé salarié). Le tout, en gardant la tête froide...

Pour les micro-entrepreneurs, les choses sont relativement simples. Ils doivent déclarer leur chiffre d'affaires total HT dans la 2042-C-PRO, conjointement à leur déclaration de revenus 2042. L'administration applique ensuite un abattement forfaitaire pour calculer leur base d'imposition. Cette déclaration reste obligatoire même en cas d'option pour le versement libératoire.

Les entrepreneurs individuels au régime réel, eux, doivent remplir le formulaire 2031-SD (BIC) ou 2035-SD (BNC), accompagné de leurs annexes :

  • 2033-A à 2033-G pour le réel simplifié ;
  • 2050, 2051, 2052, 2053, 2058-F et 2059-G pour le réel normal.

Ce dépôt doit être effectué au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai (soit le 5 mai 2026), avec un délai supplémentaire de 15 jours calendaires s'ils utilisent la téléprocédure EDI. Le résultat fiscal est ensuite reporté dans la 2042-C-PRO.

Les sociétés à l'impôt sur le revenu (EURL, SNC...) doivent elles aussi déposer une déclaration de résultats (2031-SD ou 2035-SD) dans les mêmes délais. Chaque associé est ensuite imposé sur sa quote-part du résultat fiscal, qui sera là aussi reportée dans la 2042-C-PRO.

Du côté des entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés, les choses se compliquent un peu plus. Elles doivent aussi faire une déclaration annuelle de résultats, mais avec le formulaire 2065 cette fois-ci. S'ils perçoivent une rémunération, les dirigeants assimilés salariés devront la reporter dans leur 2042 (Rubrique traitements et salaires). S'ils sont TNS, ce sera dans la 2042-C-PRO. S'agissant des dividendes, il faut les déclarer en revenus de capitaux mobiliers dans la 2042 également. Par défaut, ils sont soumis au PFU (ou flat tax) de 31,4%, déjà prélevé à la source lors du versement. Le dirigeant peut toutefois opter pour le barème progressif, avec application d'un abattement de 40% sur le montant brut des dividendes.

Enfin, les travailleurs non salariés (hors micro-entrepreneurs) doivent compléter un volet social unifié, intégré à la déclaration de revenus en ligne. Les données issues de la 2042 et de la 2042-C-PRO permettent à l'Urssaf de calculer les cotisations sociales. Cette déclaration remplace l'ancienne DSI.

Et les frais professionnels déductibles ?

Là aussi, les règles varient selon le statut du dirigeant. S'il est assimilé salarié, il peut soit se faire rembourser ses frais par la société (qui les déduit alors de son résultat), soit opter pour l'abattement forfaitaire de 10 % ou les frais réels dans la déclaration 2042. S'il est TNS (hors micro-entrepreneur), les frais professionnels déductibles sont directement intégrés à la comptabilité de l'entreprise et viennent diminuer son résultat imposable.

2042-C, IOM, RICI, TA : êtes-vous concerné ?

Ces formulaires sont des annexes à la déclaration de revenus 2042 et permettent de compléter votre situation fiscale personnelle. La 2042-C sert à déclarer des revenus ou charges non préremplis, notamment certains revenus mobiliers, plus-values ou charges déductibles du revenu global. La 2042-RICI permet de déclarer les réductions et crédits d'impôt (emploi à domicile, dons, investissements, etc.). La 2042-IOM concerne les investissements réalisés en outre-mer ouvrant droit à une réduction d'impôt. Enfin, la 2042-TA s'applique à certains revenus et plus-values spécifiques.

Ces dispositifs peuvent réduire votre imposition personnelle, mais ils n'ont pas de conséquence directe sur celle de votre entreprise.

Comment votre déclaration annuelle impacte votre imposition

Une fois ces déclarations déposées, chaque régime suit sa propre logique d'imposition. Pour une entreprise soumise à l'impôt sur les sociétés, c'est la société qui règle directement l'impôt sur ses bénéfices : 15% jusqu'à 42 500 euros de bénéfice, 25% au-delà. Les pertes d'une année peuvent être déduites des bénéfices des années suivantes.

S'il exerce en son nom propre, son bénéfice professionnel est ajouté aux autres revenus du foyer et soumis au barème de l'impôt sur le revenu. S'il est à la tête d'une société à l'IS, sa rémunération est imposée comme un salaire, et ses éventuels dividendes sont taxés comme précisé précédemment. C'est sur cette base que l'administration fiscale calcule le taux de prélèvement à la source applicable à compter de septembre. Enfin, ces revenus entrent également en compte pour le calcul du revenu fiscal de référence (RFR). Celui-ci détermine notamment l'accès à certaines prestations ou à des exonérations d'impôt.