La loi est très claire : louer un bien en LMNP relève d'une activité économique. Cela implique donc d'obtenir un numéro SIRET. Cette obligation concerne tous les loueurs en meublé, quel que soit leur régime fiscal. Si ceux au micro-BIC bénéficient bien souvent d'une tolérance de l'administration fiscale, les propriétaires imposés au régime réel ne peuvent pas faire l'impasse sur cette immatriculation.
Vous pensez ne pas être concerné ? Attention, si vous faites de la location touristique, la loi Le Meur de 2025 pourrait vous apporter son lot de surprises. L'abaissement des plafonds du micro-BIC risque en effet d'entraîner votre passage forcé au régime réel. Et là, vous n'aurez plus le choix.
Ce qui change pour les loueurs au régime LMNP
Plus de 30% des loueurs « oublient » de déclarer leur activité
« Quand on croise les chiffres du répertoire SIRENE et ceux des impôts, on se rend compte que près d'un tiers des loueurs en meublé ne sont pas immatriculés », note Baptiste Bochard, juriste chez Jedéclaremonmeublé.com. Et d'ajouter « Ces personnes déclarent toutes au micro-BIC ». Au régime réel, l'administration fiscale exige en effet de renseigner un SIRET lors du remplissage de la liasse fiscale. Au micro-BIC, bien que la loi l'impose, l'absence d'immatriculation n'est pas un problème en soi. Le loueur peut tout à fait remplir sa déclaration 2042 C Pro sans ce numéro.
S'immatriculer est pourtant simple, rapide et gratuit. La démarche ne prend qu'une trentaine de minutes sur le guichet des formalités des entreprises. « Normalement, il faut s'inscrire auprès de l'INPI dans les 15 jours qui suivent le début d'activité, mais l'administration fiscale se montre tolérante en cas de retard de déclaration », rassure Baptiste Bochard.
Attention au passage au réel pour les meublés de tourisme
Méconnaissance de la réglementation ? Peur de la paperasse ? Avec l'entrée en vigueur de la loi Le Meur fin 2024, pour les revenus à partir du 1er janvier 2025, les loueurs non encore déclarés, en particulier de meublés touristiques, vont devoir se mettre rapidement à la page.
En effet, cette loi a abaissé les seuils du régime micro-BIC et les taux d'abattement pour les locations saisonnières. Pour les revenus perçus en 2025 et imposés en 2026, le taux d'abattement est désormais de 30% et le seuil a été ramené à 15 000 € pour les meublés non classés (contre 50% et 77 700 € auparavant). Du côté des biens touristiques classés, l'abattement a été descendu à 50% (contre 71% jusqu'en 2024) et le plafond de recettes à 77 700 € (contre 188 700 € auparavant pour les activités d'hébergement relevant du micro-BIC).
« Avec l'abaissement des seuils, beaucoup de gens qui auparavant relevaient par choix du micro BIC vont relever de force du régime réel »
Conséquence : en 2026, de nombreux loueurs au micro BIC vont se voir appliquer les taux d'abattement et plafonds du réel. « Avec l'abaissement des seuils, beaucoup de gens qui auparavant relevaient par choix du micro BIC vont relever de force du régime réel. Ne pas avoir de SIRET va être un point bloquant pour davantage de loueurs », confirme Laurent Lamielle, juriste pour PAP - Particulier à Particulier.
Pour éviter cette situation, la DGFiP a d'ailleurs pris les devants. Fin septembre 2025, elle a adressé un courriel à plus de 770 000 loueurs en meublé pour leur rappeler les nouveaux seuils et préciser qu'ils devaient contacter leur service des impôts en cas de passage au réel. Même si l'immatriculation reste obligatoire pour tous, « ce courrier ne concernait que les meublés de tourisme », rappelle toutefois Laurent Lamielle.
Quels risques si vous attendez encore ?
La déclaration de revenus n'interviendra qu'au printemps prochain. Pourtant, mieux vaut anticiper les choses dès maintenant. « Les loueurs qui étaient au micro-BIC vont devoir remplir une liasse fiscale et vont se rendre compte qu'ils n'ont pas de SIRET. Ils vont alors tenter de s'immatriculer en urgence et peuvent alors se retrouver hors délai pour envoyer leur déclaration », avertit Baptiste Bochard. Or un retard prolongé peut entraîner une majoration de l'impôt.
À cette contrainte de calendrier s'ajoute la complexité des documents à remplir. « Les liasses fiscales sont absolument illisibles. Seul un comptable peut les compléter correctement », alerte Laurent Lamielle. Une mauvaise maîtrise du régime réel, notamment concernant le calcul des amortissements, peut aussi les empêcher de bénéficier pleinement des avantages auxquels ils ont le droit. À quelques mois des déclarations, la vigilance reste donc de mise pour les bailleurs concernés.























