Guerre en Ukraine, risque de pénurie ou de coupures énergétique avant l'hiver ou encore le sort du bouclier tarifaire alors que les factures pourraient s'envoler dès janvier, le chef de l'Etat Emmanuel Macron et son gouvernement vont devoir agir rapidement pour limiter les effets de la crise énergétique sur le pouvoir d'achat des ménages. Voici 7 possibilités.

Maintenir les aides de l'Etat aux particuliers

Bouclier tarifaire et rabais sur le litre de carburant ont permis de limiter l'impact de la crise énergétique sur le portefeuille des Français. Selon une étude de l'Insee publiée cette semaine, si les prix de l'énergie ont grimpé de 28% pour les ménages depuis un an, les mesures du gouvernement ont évité un bond de 54%.

Dans le détail, le gel des tarifs réglementés du gaz a évité une hausse de 47% entre octobre 2021 et juin 2022. Côté électricité, le plafonnement à 4% des tarifs réglementés d'EDF a prémuni d'une augmentation de 35,4% TTC. Pour le carburant, les hausses ont été réduites de 12% grâce à l'action de l'Etat.

A l'inverse, laisser le marché reprendre ses droits et les prix s'envoler est très peu probable. La première conséquence immédiate serait « une hausse de 120 euros en moyenne par mois et par ménage » pour le gaz et l'électricité selon les estimations de Bruno Le Maire qui reconnait dans les colonnes des Echos une hausse des prix de l'énergie début 2023, mais (qui) sera contenue et raisonnable par rapport à ce scénario du pire. » Il faut ajouter à cela un litre de carburant qui coutera, a minima, 30 centimes par litre de plus l'an prochain avec la fin de la ristourne d'ici la fin de l'année.

« Les Français peuvent être rassurés, nous amortirons les hausses », a affirmé Elisabeth Borne.

Développer le chèque énergie

Par exemple, le fournisseur d'énergie Engie a déjà prévu d'accorder en novembre une remise de 100 euros en moyenne par client bénéficiaire du chèque énergie. Cette aide d'une valeur de 48 à 277 euros été distribuée en mars à 5,8 millions de ménages précaires. En décembre 2021, un chèque exceptionnel de 100 euros avait été envoyé aux mêmes bénéficiaires.

Le 27 août dernier, Bruno La Maire a assuré qu'en 2023 « pour les ménages les plus modestes, il y aura des chèques énergie qui permettront d'aider ceux qui sont les plus en difficulté pour payer leurs factures d'énergie ».

L'Etat pourrait décider d'accentuer le dispositif mais aucun cadre n'a été donné pour le moment.

Eduquer à la sobriété énergétique et réduire sa consommation

C'est le mot d'ordre du gouvernement depuis cet été : sobriété et éducation ! Pour le moment le message a été adressé principalement aux entreprises par Elisabeth Borne et Bruno La Maire mais l'ensemble de la population est ciblée. « Tout ce qu'on peut faire pour baisser nos consommations nous évitera d'arriver à des situations où on devrait avoir des coupures », a détaillé Elisabeth Borne.

Cette stratégie devrait se poursuivre lors des prochaines semaines. Un exemple ? Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a notamment appelé à débrancher son wifi avant de partir en week-end.

Autre option mise sur la table par le ministère de la Transition énergétique, relancer l'offre Tempo qui propose de limiter la consommation lors des pics contre des tarifs avantageux le reste du temps.

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En cas de surconsommation, le gestionnaire du réseau, RTE, a la possibilité de rationner l'énergie des particuliers. Il s'agit d'un dernier recours, assure le gouvernement.

Augmenter les capacités de production française

La France produit de l'électricité, qu'elle exporte mais doit importer son gaz... nécessaire à la production d'électricité. Néanmoins, augmenter l'autonomie française est une option qui n'est pas négligée par le gouvernement d'autant plus que 32 des 56 réacteurs nucléaires français d'EDF sont à l'arrêt...

Chercher de nouveaux fournisseurs en gaz

Lors de son voyage en Algérie, Emmanuel Macron et son équipe ont négocié une hausse de 50% des importations gazières du pays vers la France. L'Algérie représente actuellement entre 8% et 9% des fournitures de gaz de la France. Une manière pour le président de la République de contourner les sanctions russes.

Renforcer et réformer le marché européen de l'énergie

Face à la flambée des prix, les ministres de l'Energie de l'Union européenne vont se réunir à Bruxelles le 9 septembre prochain. Objectif, réduire la dépendance à l'égard des approvisionnements en pétrole et en gaz russes.

Sur le marché européen de l'électricité, c'est le prix de revient de la dernière source d'électricité mobilisée pour répondre à la demande, souvent les centrales au gaz, qui détermine le prix qui s'impose à tous les opérateurs du continent. Les pays de l'UE aimeraient changer ce fonctionnement.