Bilan mitigé, en 2025 pour les factures de gaz et d'électricité des consommateurs. Côté gaz, le prix repère a plutôt poursuivi sa course à la hausse en début d'année, avant de diminuer, pour le coût du kWh. Le prix de l'abonnement a quant à lui grimpé en août.

Concernant l'électricité, les prix du tarif réglementé de vente (TRVE) ont baissé en début d'année. Un client ayant souscrit à l'option heures creuses du tarif réglementé de vente, avec un compteur de 9 KVA et une consommation annuelle de 8 500 kWh payait 2 252 euros en février 2024, contre 1 864 euros en février 2025 (sans gros changement depuis). Une baisse due en grande partie à la diminution des prix sur le marché de gros de l'électricité.

Stabilisation des factures d'électricité ?

Cette tendance à la baisse devrait se poursuivre en 2026. Mais sauf surprise, les consommateurs n'en bénéficieront pas. Les factures sont annoncées stables en 2026, pour le TRVE. En cause, le changement des règles fixant les prix de l'électricité. L'Accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh), dispositif qui obligeait EDF à tarifer une grande partie de son électricité nucléaire à bas prix, s'éteindra en 2026, ce qui annulera le bénéfice de la baisse des prix du marché.

Factures d'électricité : ce qui va vraiment changer après le 1er janvier 2026

Quelques éléments devraient aussi porter les factures à la hausse en 2026. D'abord, le Tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité (TURPE), dont le coût représente environ un tiers de la facture. « Les besoins d'investissements, en transport comme en distribution, sont importants. Le coût pourrait être revu à la hausse », anticipe Jacques Percebois, professeur émérite à l'université de Montpellier, spécialiste de l'économie de l'énergie.

Pourquoi les CEE feront grimper la note ?

Les Certificats d'économie d'énergie sont un dispositif contraignant les fournisseurs à financer la transition énergétique. Ils doivent ainsi soutenir les travaux ou actions éligibles, réalisés par les ménages ou les entreprises. En échange, ils obtiennent des CEE et doivent justifier chaque année l'atteinte d'un objectif, sous peine d'amende.

Mais les fournisseurs répercutent (au moins en partie) le coût des opérations sur la facture des consommateurs. « Compte tenu des annonces récentes du Gouvernement prévoyant d'augmenter de 25% la contribution des CEE (...) de fortes augmentations des factures énergétiques des ménages sont à redouter dès 2026 », alertait en octobre dernier l'UFC Que Choisir.

Selon l'association, le surcoût par ménage s'élève au moins à plus de 100 euros chaque année, pour financer le dispositif. En 2026, le surcoût de la hausse des CEE sur les factures est estimé « entre 25 et 50 euros par an pour un ménage chauffé à l'électricité et entre 70 et 130 euros par an pour un foyer chauffé au gaz », indique Jacques Percebois.

Rénovation énergétique : en 2026, les CEE prennent la place de MaPrimeRénov'

Des prix de marché bas pour le gaz... Pour le moment

En janvier 2026, l'abonnement du prix repère du gaz sera revu à la hausse. En cause, une augmentation des coûts fixes et des CEE.

Gaz : voici pourquoi votre facture pourrait bien grimper en janvier 2026

Autre point susceptible de faire varier les factures à la hausse en 2026 : le tarif d'acheminement. « Les coûts fixes sont stables ou augmentent, alors que la consommation de gaz baisse. Pour chaque MWh de gaz consommé, par conséquent, le coût du réseau augmente », pointe Jacques Percebois. Résultat, chaque ménage utilisant du gaz devra mécaniquement payer plus pour l'entretien du réseau.

Un point positif : les prix sur les marchés de gros sont peu élevés actuellement, tirant les factures vers le bas. Mais le resteront-ils ? « Les États-Unis ont tendance à exporter fortement leur gaz vers l'Europe aujourd'hui, mais il y a une incertitude sur le futur montant de ces exportations. Les Américains pourraient avoir besoin de plus de gaz pour la production d'électricité des datacenters. Il risque donc d'y avoir des tensions sur le marché », détaille Jacques Percebois.

Les prix de l'énergie restent très sensibles et il est impossible de faire des prédictions à long terme. Sur les marchés de gros, « la tendance actuellement, ce sont des prix de l'énergie stables et relativement faibles un peu partout », note Jacques Percebois Jusqu'à quand ? « Si la croissance repart, que les tensions internationales s'intensifient, qu'il y a des problèmes techniques, les prix peuvent remonter. En 2022, l'explosion des tarifs a été provoquée par une addition de ces facteurs », rappelle-t-il.

Vers un mouvement de taxes ?

Dernier point important : le montant des taxes qui représentent plus ou moins un tiers des factures. L'adoption de la loi de finances pour 2026 est en suspens, mais un amendement avait été adopté au Sénat pour faire converger les accises perçues pour le gaz et pour l'électricité.

« Force est de constater qu'à ce jour, l'écart entre les fiscalités appliquées aux consommations d'électricité d'un côté et de gaz de l'autre contribue à désinciter ce nécessaire mouvement de transition », pointaient les sénateurs. Si la mesure entre en vigueur (ce qui est loin d'être assuré), cette taxe grimpera pour le gaz et diminuera pour l'électricité, avec des conséquences à la hausse et à la baisse pour les factures.