Un demi-million de Français ont profité de la privatisation de la FDJ organisée à l'automne 2019. Pour ceux qui ont gardé leurs titres, l'opération a été juteuse. Mais à quel point ? Et si c'était le bon moment pour se séparer de ses actions FDJ ?

Le 21 novembre 2019, la FDJ faisait son entrée en bourse. Une belle opportunité pour ceux qui ont participé à l'introduction puisqu'ils bénéficiaient alors d'une décote de 2% sur le prix d'achat fixé à 19,50 euros contre 19,90 euros pour les investisseurs institutionnels.

Ce vendredi en début d'après-midi, près de 2 ans après, l'action FDJ frise les 43 euros. C'est un bond de 120% alors que dans le même temps, le CAC 40 prenait 20%. Et ce n'est pas tout. Il faut aussi intégrer les dividendes. Et en la matière, les actionnaires sont choyés. La FDJ promet de reverser 80% de son résultat net. En 2020, cela n'a pas pu être le cas en raison de la crise sanitaire. Le gouvernement avait alors demandé aux entreprises de faire profil bas en matière de rémunération des actionnaires. Le dividende servi avait alors été de 0,45 euro, amputé d'un tiers. Mais cette année, il a doublé à 0,90 euro par action.

Cerise sur le gâteau : le versement de 2 777 526 actions gratuites au printemps pour les actionnaires qui avaient participé à la privatisation de l'ex Française des Jeux. Le deal de départ était le suivant : une action gratuite pour 10 actions achetées à condition de conserver ce lot pendant 18 mois. Pour rappel, un demi-million de Français ont souscrit une partie des 52% du capital de la FDJ mis en vente par l'Etat. A tous points de vue, l'opération a donc été une bonne affaire pour eux.

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Le titre FDJ sur un plateau

Mais si l'action a fortement progressé sur 24 mois, elle patine depuis le 24 juin où elle a atteint un pic à 51,7 euros. Forcément, certains investisseurs en ont profité pour prendre leurs bénéfices après la belle performance du titre. Mais au-delà, malgré des résultats financiers solides, un nuage noir plane au-dessus de la tête de la FDJ.

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L'Etat français va devoir justifier auprès de la Commission européenne l'octroi à la Française des Jeux de droits exclusifs pour exploiter des loteries et paris sportifs pendant 25 ans, moyennant le versement de 380 millions d'euros. A la fin juillet, Bruxelles a annoncé le lancement d'une enquête approfondie. La Commission veut vérifier si cela a pu constituer une violation des règles de en matière d'aides d'Etat.

La face cachée de la privatisation de la FDJ

De son côté, la FDJ avait dit pour sa part « prendre acte » de l'ouverture de cette enquête qui prendra plusieurs mois, tout en rappelant que son document d'enregistrement du 17 octobre 2019, préalable à son introduction en bourse, soulignait « les risques de recours contre les textes ayant permis sa privatisation ». Dans le contexte actuel, avant d'y voir plus claire sur l'issue de cette affaire, la majorité des analystes recommandent de conserver le titre. Une minorité recommande d'en acheter ou alors de s'en séparer.

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