La justice va-t-elle définitivement mettre un terme au « droit du renard » ? Possible. Mais, comme souligné par Le Monde ce 27 avril, il faudra encore attendre la décision de la cour dappel de Paris pour connaître lépilogue dune affaire questionnant justement ce droit. Rappel des faits.
A la fin des années 1990, un couple a ouvert une assurance vie auprès de la compagnie Sogecap, filiale de la Société Générale. Les 10 années qui suivent, calme plat ! Les épargnants alimentent leurs contrats et effectuent quelques rachats partiels. Mais début 2011, lassureur reçoit un courrier linformant que le couple renonce à son assurance vie à cause dune erreur survenue 12 ans plus tôt. La faute mise en évidence par le couple est effective : Sogecap na pas respecté ses obligations concernant le droit de rétractation. Mais ce qui agace lassureur, cest le timing Les épargnants ayant agi après avoir subi de lourdes pertes en investissant sur des unités de compte.
Les assurés tenteraient-ils de lui faire le coup du « droit du renard » ? Cest-à-dire dénoncer une erreur minime pour obtenir la restitution totale des sommes investies, augmentées des intérêts et sans déduction des pertes. Cest indéniable, argue Sogecap. Mais pas pour la justice ! En 2012, lassureur a en effet perdu en première instance et a été condamné à verser quelque 30 000 euros aux plaignants.
La cour de Cassation campe sur ses positions
Toutefois, avec laugmentation des affaires semblables, la cour de Cassation a en 2016 infléchi la lecture de la loi et limité aux épargnants de « bonne foi » la possibilité de renoncer à un contrat dassurance vie passé le délai légal de 30 jours. Du coup, sappuyant sur cette jurisprudence, Sogecap espérait que la cour dappel de Versailles, en février 2018, allait modifier le verdict. Eh bien non ! Au moment de louverture du contrat « le manquement de la SA Sogecap à son devoir dinformation est en loccurrence avéré, les conditions de forme exigées par le Législateur nayant pas été remplies », a-t-elle statué.
Mais pour lassureur, cest au moment de la renonciation que la justice doit apprécier la « bonne foi » des plaignants et non au moment de la souscription du contrat. Fin mars dernier, la cour de Cassation a donné raison à la filiale de la Société Générale. Elle a donc cassé la décision de février 2018 et renvoyé lassureur et le couple de plaignants devant la cour dappel de Paris.










