Brut, net avant impôt en enfin net à payer... le salaire est une question essentielle pour plus de 25 millions de salariés qui reçoivent chaque mois une fiche de paie. Voici les clés pour comprendre comment le brut devient net et pourquoi certaines cotisations le font fondre de 25 à près de 50%, sans compter l'impôt sur le revenu.

« Salaire brut en net » : la requête génère plus de 4 millions de réponses en quelques secondes si on la soumet à Google. Et en effet, la question mérite d’être posée en pleine période d'entretiens annuels d'évaluation dans les entreprises et où les éventuelles augmentations se discutent avant tout sur des montants bruts.

Du salaire brut au net à payer

La fiche de paie est un document juridique, allégé depuis janvier 2018 de plus de la moitié de ses lignes, que l'employeur est tenu de remettre à son employé en format papier ou numérique. S'il ne le fait pas, il risque une amende pouvant atteindre 450 euros.

Dans le détail le salaire brut correspond à l'ensemble des sommes perçues par le salarié en contrepartie de son travail. Il s'agit du salaire de base, des heures supplémentaires ou complémentaires, des primes, de l'indemnisation des congés payés et des absences maladie le cas échéant. Certaines cotisations sociales - on entend aussi le terme charges sociales mais la différence est strictement politique - sont supportées à la fois par le salarié et l'employeur, d'autres uniquement par l'employeur. C'est pour cette raison que le bulletin de paie fait la distinction entre « part employé » et « part employeur ».

Pour devenir « net », le montant brut est délesté de plusiers éléments qui peuvent varier en fonction du statut (apprenti, employé, agent de maîtrise, cadre), du temps de travail ou de la convention collective du métier en lui-même s'il profite d'un allégement de cotisations. Les cotisations sociales représentent 25% d'un Smic brut à 1 554 euros par mois et 43% d'un revenu brut mensuel de 3 000 euros :

  • La santé (maladie et complémentaire santé)
  • Accidents du travail et maladies professionnelles
  • Retraite (vieillesse, retraite complémentaire, contribution d'équilibre général ou technique)
  • Famille (allocations familiales, contribution au fonds national d'aide au logement)
  • Chômage
  • Formation professionnelle et taxe d'apprentissage
  • Contributions sociales qui financent la sécurité sociale via la CSG, la CRDS ou la contribution au dialogue social
  • Enfin, les retenues diverses comme les tickets restaurant, la mutuelle ou les aides au transport.

On obtient alors le « salaire net avant impôts ». Depuis le 1er janvier 2019, l'impôt sur le revenu est prélevé à la source. Une fois soustrait, on obtient le « salaire net à payer ».

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La simulation

Si on l'on revient à nos occurences Google, le nombre de simulateurs proposés explose. Sans juger de leur pertinence, celui proposé par le ministère du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion nous semble le plus sûr à vous conseiller. « Pour information, l’estimation du salaire net après impôt est basée sur la situation d’une personne célibataire sans enfants ni patrimoine, » est-il écrit en introduction.

Sur la base de son salaire brut ou net, du contrat signé (CDI, CDD, Interim), on obtient une estimation à chaque étape exposées ci-dessus plus une sur le coût total du contrat pour l'entreprise. Pas étonnant puisque le ministère propose son outil comme un .... simulateur d'embauche.

Concrètement, pour obtenir un salaire de 1 876 euros nets par mois, c'est-à-dire le salaire médian, il faut avoir un brut de 2 400 euros par mois. Autre exemple si vous estimez mériter, cette année, une augmentation de 200 euros nets de la part de votre employeur, il faudra lui demander 280 euros bruts.

Une simulation très détaillée

Chaque résultat sur le simulateur du ministère donne aussi une fiche de paie type avec une explication détaillée pour chaque retenue ainsi que la participation annuelle au financement de la retraite, de la santé, de la famille ou de l'assurance chômage. Manière aussi de souligner que ces cotisations alimentent des prestations auquelles vous avez droit et que chaque salaire est soumis à un taux de cotisation différent.