Le Nouvel An est chaque année synonyme d’intérêts perçus sur vos placements bancaires. Et l’occasion de faire le point sur vos différents produits d’épargne. Tour d’horizon des performances 2019, et premières esquisses pour 2020.

Livret A et LDDS : 0,75% net d’impôt

L’argent conservé pendant un an sur votre Livret A vous a rapporté très exactement 0,75%. Pour 10 000 euros détenus en continu pendant 12 mois, vous devez percevoir 75 euros. Le taux est identique sur un Livret de développement durable et solidaire (LDDS).

Fiscalité. Les intérêts perçus sur ces livrets d’épargne réglementée sont entièrement défiscalisés : vous ne payez ni impôt sur le revenu, ni cotisations sociales.

Evolution attendue en 2020 : la nouvelle formule de calcul doit théoriquement s’appliquer au 1er février 2020. Sauf décision politique contraire, le taux du Livret A et du LDDS va mécaniquement baisser à 0,50% à partir de février.

Livret d’épargne populaire : 1,25% net d’impôt

En 2019, l’argent placé sur un Livret d’épargne populaire doit avoir généré des intérêts à hauteur de 1,25%. Autrement dit 62,5 euros si vous avez conservé 5 000 euros pendant l’ensemble de l’année 2019 sur votre LEP.

Fiscalité. Les intérêts perçus sur le LEP sont totalement défiscalisés.

Evolution 2020 : à ce jour, le taux du LEP est indexé sur celui du Livret A, avec une bonification de 0,5 point. A l'avenir, l'écart entre le LEP et le Livret A pourrait même se creuser : la nouvelle formule prévoit en effet que son taux soit au moins supérieur à l’inflation. Cependant, à court terme, vu le niveau de l’inflation hors tabac (0,8%), la rémunération du LEP pourrait tout de même baisser à 1% en février.

Livret jeune : 0,75% à 2% net d’impôt

La rémunération des livrets jeunes est fixée librement par chaque banque, mais le taux doit nécessairement être égal ou supérieur à celui du Livret A. Ainsi la rémunération du livret jeune va actuellement de 0,75% jusqu’à 2% voire plus dans une poignée d’établissements. Dans les grands réseaux bancaires, ce livret limité à 1 600 euros et réservé aux 12-25 ans est le plus souvent rémunéré entre 1% et 1,50%.

Fiscalité. Comme le LEP ou le Livret A, la rémunération est nette d’impôt.

Evolution 2020 : les taux pourraient baisser suite à une baisse de rendement du Livret A en février.

Livret bancaire : 0,20% en moyenne

Le taux des livrets bancaires « classiques », non réglementés, est fixé librement par chaque établissement. La rémunération moyenne des livrets bancaires a atteint un plancher historique cet automne, à 0,20% selon la Banque de France. Seules les offres promo à la souscription peuvent permettre d’espérer un taux supérieur ou une prime de bienvenue.

Fiscalité. Les intérêts annuels des livrets classiques sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou « flat tax » : 17,2% de cotisations sociales et 12,8% d’impôt sur le revenu, soit 30% au total. Les ménages non imposables peuvent éviter l’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux cotisations sociales.

Evolution 2020 : le contexte de taux très bas ne permet pas encore d’envisager un rebond.

PEL : au moins 1% avant impôt

L’avantage du Plan épargne logement, pour l’épargnant, est de profiter d’un taux contractuel : le taux fixé à l’ouverture est celui qui s’applique jusqu’à la clôture du plan ! Or certains vieux PEL sont rémunérés à 2,50% voire à plus de 3% bruts, et tous les plans ouverts avant mars 2011 ne prévoient pas de durée limitée de détention ! Les plans plus récents prévoient eux une durée maximale de 15 ans. Et l’ouverture d’un PEL ne permet désormais plus que de bénéficier d’un taux de 1%.

Fiscalité. Tout PEL ouvert depuis 2018 est imposé dès sa première année de détention. Comme les livrets bancaires, les intérêts de 1% sont donc soumis à la flat tax (30%), ce qui correspond à un rendement de 0,70% net d’impôt (1).

Evolution 2020 : à ce jour, aucune évolution n’est attendue. Indexé sur le taux du Livret A, le Compte épargne logement (CEL) pourrait lui voir son taux tomber à 0,25% en février.

Assurance vie : moins de 1,50% avant impôt pour les fonds euros ?

Le support sans risque de l’assurance vie, le fonds en euros, a offert un rendement moyen de 1,83% en 2018, comme en 2017. La rémunération de l’année 2019 sera bien moins attrayante ! Dans une conjoncture très défavorable, ces fonds à capital garanti sont attendus autour de 1,30% pour l’année 2019. Nombre d’assureurs annoncent une baisse d’au moins un demi-point pour les fonds euros par rapport à 2018, et certains ont déjà dévoilé un taux de 1%...

Fiscalité. Exprimé en « net de frais de gestion », le rendement d’un fonds euros n’est en revanche pas net d’impôt ! Sur tous les contrats récents, les intérêts annuels sont immédiatement amputés des cotisations sociales (17,20%). Un rendement annoncé à 1% pour 2019 vous rapporte donc un peu moins de 0,83%. Par ailleurs, selon le montant et la date de vos retraits, vos gains peuvent être partiellement soumis à l’impôt sur le revenu.

Evolution 2020 : aucun rebond n’est attendu à court terme.

Unités de compte de l’assurance vie : 2019 meilleure que 2018

Impossible, à ce jour, de livrer une estimation de performance 2019 pour les unités de compte (UC) de l’assurance vie. Mais la moyenne de l’ensemble des supports en UC, sans garantie en capital, sera forcément meilleure que celle de 2018 (-8,9% en moyenne selon la FFA), grâce à la forte progression des marchés boursiers en 2019. Les supports en UC ne sont toutefois pas nécessairement liés aux indices bousiers : les fonds immobiliers, par exemple, sont moins dépendants des marchés financiers.

Simple rappel : à la différence du fonds en euros, il n’existe pas « d’effet cliquet » pour les UC. Les gains d’une année peuvent être perdus l’année suivante, même si les supports en UC sont potentiellement plus rémunérateurs sur la durée.

Fiscalité. Les plus-values réalisées grâce aux UC sont constatées au moment du retrait, partiel ou total, sur votre assurance vie. Elles sont alors soumises aux cotisations sociales (17,20%) et éventuellement à l’impôt sur le revenu, au niveau du prélèvement forfaitaire unique.

Evolution 2020 : en fonction de l’évolution des marchés financiers.

Epargne salariale : 2019 rattrape 2018

Les fonds référencés sur les plans d’épargne salariale (PEE, Perco ou désormais PER entreprise), les FCPE, varient comme les UC de l’assurance vie au gré des soubresauts des marchés. Les performances 2019 ne sont pas encore connues… Quelques indices tout de même : les fonds « monétaires » sont durablement perdants (à zéro ou en dessous), les fonds obligataires proches de zéro, et les fonds « diversifiés » ou « actions » ont rebondi en 2019. A titre indicatif, étant donné l’extrême diversité des fonds, la Banque de France estime à 6,9% la performance annuelle des « fonds d’épargne salariale » à la fin octobre 2019, à comparer avec une perte de -6,9% fin décembre 2018. Pour connaître les performances de votre PEE, il faut consulter votre relevé annuel.

Fiscalité. Dans le cas d’un PEE, le plus courant des plans d’épargne salariale, vous êtes exonéré d’impôt sur le revenu sur les gains lors du déblocage du plan. Mais vous payez tout de même les cotisations sociales (17,2%).

Evolution 2020 : en fonction des marchés financiers.

Epargne retraite : suspense…

Le Plan épargne retraite (PER) vient d’être lancé, en octobre 2019. Et ce nouveau PER n’est pas encore disponible dans tous les établissements financiers : il est donc trop tôt pour connaître les performances financières… Un indice : ces dernières années, les fonds en euros présents sur les Perp et Madelin ont globalement fait jeu égal avec les fonds de l’assurance vie.

Fiscalité. Au moment de verser sur un PER, vous avez le choix : réduire ou non votre revenu imposable. Selon ce choix, votre épargne sera plus ou moins fiscalisée à la sortie : l’impôt portera sur les gains ou le capital + les gains.

Evolution 2020 : les performances des premiers PER seront connues dans un an environ.

Bourse : 2019, meilleure année depuis 1999

L’année 2019 a largement rattrapé les pertes boursières de 2018 ! Exemple avec l’indice de référence en France, le CAC 40 : l’indice parisien boucle 2019 sur une hausse globale de plus de 26%, proche des 6 000 points, alors que 2018 avait été clôturée en recul de -12%, sous les 4 700 points… Mais attention, les indices boursiers ne représentent qu’une photographie d’ensemble, et n’intègrent pas les dividendes : tout dépend des sociétés sur lesquelles vous avez investis.

Fiscalité. Les plus-values réalisées sur un compte-titres sont soumises à la « flat tax » (30% au total), sauf option fiscale contraire. Si vous investissez en bourse via un Plan d’épargne en actions, vos gains sont soumis aux cotisations sociales (17,2%) mais pas à l’impôt sur le revenu à condition de conserver le plan 5 ans minimum.

Evolution 2020 : la bourse étant actuellement au plus haut, les analystes rappellent qu’il ne faut pas céder à l’euphorie sans les précautions d’usage, le premier conseil étant de toujours diversifier vos investissements.

(1) Pour l’ensemble des placements soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), les ménages modestes peuvent réclamer une dispense d’acompte, à condition de la demander à temps, et peuvent opter pour l’option d’imposition au barème s’ils ne sont pas imposables.