Dans la lignée des célèbres opérations « pièces jaunes », le micro-don repose sur un principe simple : soutenir une uvre de charité en faisant un don de quelques centimes. Peut-être lavez-vous déjà croisé, au moment de votre passage en caisse, sous sa forme la plus populaire : larrondi solidaire. Son principe : juste avant de taper votre code de carte bancaire, un message apparaît sur le terminal de paiement électronique et vous propose darrondir le montant de votre transaction à leuro supérieur. Ces centimes décart sont alors automatiquement reversés à une association partenaire.
Une goutte d'eau de plus en plus grosse
A lorigine du déploiement du dispositif en France, se trouve lentreprise solidaire microDON. Daprès elle, ces petites contributions auraient permis damasser quelque 8 millions deuros en 2020. Un chiffre en hausse de 15% par rapport à 2019, et ce, malgré la crise sanitaire. La grande distribution simpose aujourdhui comme le principal moteur de croissance du micro-don. Mais dautres formes de micro-dons se glissent peu à peu dans votre quotidien.
Lentreprise microDON propose par exemple en partenariat avec les enseignes BNP Paribas et Hello bank ! larrondi sur relevé bancaire. Chaque mois, les quelques centimes du solde de votre compte (plus un petit montant fixe à partir de 1 euro) sont automatiquement reversés à lassociation de votre choix. Concrètement, imaginons qu'à la fin du mois votre solde soit de 542,87 euros. 87 centimes + 1 euro, soit 1,87 euro est alors reversé à l'association ou à la fondation que vous souhaitez soutenir.
Sur le même principe, dans certaines entreprises, comme Saint-Gobain, Accenture, Air Liquide ou encore de la Caisse dÉpargne Hauts de France, cest sur votre feuille de salaire que vous retrouverez la possibilité de faire un micro-don. Ce dispositif a déjà convaincu plus de 700 entreprises, affirme microDON.
Mais en dépit de sa montée en puissance, le micro-don ne représente aujourdhui quune goutte deau dans locéan de la générosité en France. Selon lassociation Recherches et Solidarités, qui sappuie sur les données de la Direction générale des Finances publiques, les dons des particuliers ont représenté 2,6 milliards deuros en 2019.
Le micro-don déductible des impôts ?
Micro ou non, un don reste un don. Vos micro-dons sont donc déductibles de votre impôt sur le revenu à hauteur de 66 ou 75% du montant donné. Dans le cas de larrondi en caisse, il faut bien penser à conserver ses tickets de caisse. « Si un client peut justifier de 5 euros de dons au moins sur lannée en cumulant et envoyant ses tickets, il peut bénéficier dun reçu pour le montant de ses dons », précise microDON. Dans le cas de larrondi sur salaire, cest plus simple ! Il est en effet possible de télécharger sur la plateforme web un reçu compilant les sommes ainsi versées que linternaute peut reporter dans sa déclaration de revenus.
Publicité contre dons d'argent
Indolore, accessible à tous, et directement embarqué dans notre quotidien, le micro-don représente un virage important pour la solidarité en France. Selon létude précédemment citée, 70% des donateurs ont plus de 50 ans. Confrontées, de fait, au défi du renouvellement générationnel des donateurs, les associations touchent ainsi un public plus jeune.
Sadresser aux Français plus jeunes, cest également lobjectif de Goodeed et de son concept du « don gratuit ». Cette plateforme propose de visionner une publicité pour soutenir un projet solidaire. Une partie du budget publicitaire est ensuite reversée à l'organisme choisi par linternaute. Goodeed indique que 80% de ses donateurs ont entre 18 et 35 ans.
Lapplication WalkUnited propose, quant à elle, dallier sport et don ! Son idée : convertir le nombre de pas en don d'argent. Concrètement, à mesure que lutilisateur marche, il accumule des « walks ». Au bout de 1 000 points, il choisit un organisme bénéficiaire parmi les partenaires de WalkUnited et valide son don de 5 centimes en visionnant, là encore, un contenu publicitaire.
Parce quil offre une nouvelle manière de donner, même modestement, le micro-don fait bouger les lignes de la générosité en France. Et le concept semble encore avoir quelques belles années devant lui. En effet, à en croire un sondage OpinionWay de 2019, un Français sur deux se dit prêt à tester ce dispositif. Et 97% des « micro-donateurs » envisagent de donner à nouveau dans un futur proche.















