Les dons des Français aux associations et fondations, enregistrés par le fisc en vue d'une réduction d'impôts, ont augmenté de 2,4% en 2019 par rapport à 2018, mais le nombre des donateurs a lui chuté de plus de 5%, selon une étude publiée lundi.

Après une année 2018 décevante, les dons ont pour la première fois dépassé en 2019 la barre des 2,6 milliards d'euros, ce qui constitue une « heureuse surprise », selon les auteurs de ce 25e « baromètre de la générosité des Français », publié par le réseau d'experts et d'universitaires « Recherches et Solidarités ».

A ces 2,6 milliards, précisément calculés par les services fiscaux, il convient d'ajouter d'autres sommes plus difficiles à évaluer, selon les auteurs : d'une part, les dons effectués par virement ou chèques, et ayant donné lieu à un reçu fiscal, mais que le donateur n'a pas déclarés au fisc, et d'autre part les petites sommes, ou dons en espèces, qui ne donnent pas lieu à un reçu fiscal.

En prenant en compte ces sommes, le montant total collecté se situerait entre 4,6 et 4,8 milliards d'euros, selon « Recherches et Solidarités », et même cinq milliards avec les dons déclarés au titre de l'Impôt sur la Fortune immobilière (IFI), qui a succédé à l'ISF en 2018.

Les principaux bénéficiaires ont été, en 2019, la Fondation du Patrimoine, l'AFM-Téléthon, les Restos du Cœur, le Secours catholique et Médecins sans frontières.

Si les montants collectés restent importants, c'est que le don moyen (déclaré au fisc) a progressé de 8,5%, à 550 euros en 2019. En revanche le nombre de donateurs est en nette baisse, de 5,6% sur un an, une tendance ininterrompue depuis plusieurs années.

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Ainsi en 2019, 20,7% des contribuables ont déclaré un don, alors qu'ils étaient encore 23,3% en 2016. Cette tendance « est évidemment une alerte », qui doit inciter les associations à réfléchir « aux moyens d'élargir et de renouveler (leur) vivier de donateurs », a commenté dans les colonnes de La Croix le président de France Générosités, qui représente les principales associations et fondations.

Les chiffres pour 2020 ne sont pas encore disponibles, et les effets de la crise du Covid-19 semblent pour l'heure difficiles à évaluer : selon une enquête menée au printemps auprès de 12 000 responsables associatifs, 30% n'étaient pas en mesure d'évaluer l'impact de la crise sur leur collecte, 30% faisaient état d'une baisse, 14% d'une collecte équivalente, et 21% d'une générosité accrue.

L'un des problèmes auxquels se heurtent les associations caritatives est leur capacité à garder la confiance des donateurs : selon un récent sondage Vivavoice pour l'association « Le don en confiance », celle-ci n'atteint que 39% des sondés, contre 55% en 2018 et 2019.