2,8 millions de ménages vont recevoir, d'ici le 15 juin, un courrier leur rappelant la disparition prochaine du tarif réglementé sur le gaz. Ils sont donc censés changer de contrat avant le 30 juin 2023. Une communication qui tombe bien mal pour le gouvernement en cette période difficile pour le pouvoir d'achat. Explications.

C'est une annonce qui tombe bien mal. Alors que les marchés de l'énergie connaissent actuellement quelques turbulences, notamment à cause de la guerre en Ukraine, l'État va adresser, jusqu'au 15 juin, un courrier aux 2,8 millions de ménages qui disposent encore d'un abonnement au tarif réglementé du gaz (TRV). Ces ménages doivent en effet souscrire à une offre de marché et quitter leur offre actuelle, en raison de la loi du 8 novembre 2019 qui, suite à une décision du Conseil d'État de 2017, décidait de la disparition des TRV au 30 juin 2023.

Une communication malvenue pour l'association de consommateurs CLCV, qui rappelle qu'elle reçoit tous les jours « les témoignages de personnes dont l'offre de marché, qui ne s'inscrit pas toujours dans le bouclier tarifaire, induit des hausses sauvages de tarifs et des modifications brutales de clauses. »

Maintenir le tarif réglementé

La CLCV recommande ainsi aux consommateurs concernés de « ne pas tenir compte de ce courrier et de rester au tarif réglementé du gaz. Dans le chaos actuel de l'énergie, ce contrat est le seul qui est assurément lié au bouclier tarifaire et offre donc une compétitivité et une sécurité inégalable pour les mois à venir. »

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Comme le rappelle Le Parisien dans cet article, le prix du gaz est passé d'une vingtaine d'euros le mégawattheure (MWh) en 2019, à parfois plus de 300 euros ces derniers mois. Face à cette augmentation, l'État avait mis en place en octobre dernier un bouclier tarifaire qui bloque le tarif réglementé du gaz. Un dispositif qui durera jusqu'à la fin de l'année 2022.

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La CLCV estime que la décision du Conseil d'État en 2017, qui se basait sur l'idée que le tarif réglementé de vente du gaz ne servirait à rien en cas de crise, est mise à mal par la situation actuelle. Preuve de l'utilité du dispositif, « les consommateurs de fioul domestique, où il n'existe pas de TRV, n'ont pas bénéficié de cette protection et ont été exposés aux grands vents du marché. »

Pour l'association, il est donc urgent « d'ouvrir en grand le débat sur la disparition programmée du TRV. Sauf à considérer que cette crise n'existera plus dans un an, nous ne comprenons pas comment l'État compte maintenir le bouclier tarifaire tout en faisant disparaître le TRV gaz et en forçant des millions de ménages à choisir une offre de marché. »

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