Dans son rapport d'activité publié ce mardi 2 juin, le médiateur de l'énergie a fait le bilan de l'année passée : 28 076 litiges ont été enregistrés en 2025, dont 10 475 saisines des consommateurs, parmi lesquelles 6 545 ont été déclarées recevables. Il s'agit d'une baisse de 10% des saisines par rapport à l'année passée.
« Cette amélioration ne doit toutefois pas masquer quelques hausses notables de saisines recevables qui appellent à la vigilance, notamment en relation avec Enedis, et la complexité croissante des litiges dont le médiateur est saisi, souvent plus techniques », pointe le rapport.
En électricité, les saisines portant sur les problèmes de réseau et de raccordement, ainsi que sur la qualité de fourniture, figurent parmi les plus courantes. « 354 saisines de raccordement (+24%), 210 saisines d'ouvrages réseau (+11%) et 444 saisines de qualité de fourniture (+23%). Ensemble, elles représentent 15% des saisines recevables et impliquent le distributeur ENEDIS dans près de 9 cas sur 10 », détaille le médiateur.
Autres types de saisines en augmentation : celles venant des producteurs d'électricité photovoltaïque et des consommateurs de gaz de pétrole liquéfié (GPL).
Le médiateur de l'énergie a d'ailleurs attribué deux cartons rouges à Primagaz et JPME, pour la deuxième année consécutive. Ces alertes « mettent en lumière la nécessité de mieux protéger les consommateurs de GPL et d'encadrer l'autoconsommation individuelle d'électricité photovoltaïque pour les particuliers », indique-t-il.
Problèmes de facturation
Concernant Primagaz, 638 saisines de clients ont été reçues en 2025, dont près de 500 ont été déclarées recevables. Parmi les problèmes relevés, une facturation perturbée, des prélèvements bloqués, un service clientèle inefficace, une absence de traitement des réclamations... Cette situation difficile dure depuis fin 2023, période à laquelle Primagaz a changé son système de facturation.
Des consommateurs se retrouvent ainsi avec des factures de rattrapage très élevées alors que le fournisseur ne leur a rien facturé pendant plusieurs mois. « Beaucoup de consommateurs ne trouvent pas de solution directe avec ce fournisseur, alors que ce dernier pourrait et devrait leur accorder systématiquement des facilités de paiement et des dédommagements pour les désagréments causés par la gestion défaillante de leur contrat et de leur facturation », déplore le médiateur.
Défauts et retards de paiement
Comme l'année passée, JPME (société Actelios Solutions) a reçu un carton rouge à cause de retards et défauts systématiques de paiement de l'électricité injectée par ses clients dotés de panneaux photovoltaïques. « Le nombre de saisines de ses clients en 2025 (621) a plus que doublé par rapport à 2024, et JPME ne respecte pas toujours les engagements pris en médiation de payer ses clients », relève le rapport.
Début 2026, l'agrément permettant à JPME d'exercer l'activité de fournisseur d'énergie lui a été retiré par le ministère de l'Économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
« Que les producteurs particuliers passent par des acheteurs privés ou par des acheteurs obligés (EDF OA) pour revendre leur électricité, des améliorations sont attendues afin de sécuriser les pratiques », souhaite le médiateur.
















