Encore une évolution pour le diagnostic de performance énergétique (DPE) ? Selon le média Contexte, un projet d'arrêté prévoyant une nouvelle mesure a été transmis au Conseil supérieur de l'énergie mercredi 8 juillet. Il modifie de 1,9 à 1,7 la valeur du facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire pour l'électricité dans les diagnostics de performance énergétique et les audits énergétiques.
Ce coefficient sert à calculer l'énergie réellement consommée dans le logement. Il a donc de grosses conséquences sur le classement d'un bien. Actuellement fixé à 1,9 pour l'électricité, il est de 1 pour le gaz ou le bois. L'écart est expliqué par la perte énergétique lors de la transformation de l'énergie primaire (celle qui existe dans la nature) en électricité alimentant les consommateurs.
Le coefficient de l'électricité avait déjà été abaissé de 2,3 à 1,9 au 1ᵉʳ janvier 2026, permettant à 850 000 habitations de sortir de la catégorie des passoires thermiques (classement F ou G). L'objectif affiché alors est encore davantage porté par le gouvernement actuel après les tensions au Moyen-Orient : favoriser l'électrification du chauffage des logements.
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125 000 logements sortiront de la catégorie passoires thermiques
Cette mesure aurait « pour effet mécanique d'améliorer la note DPE d'un nombre significatif de logements, avec une réduction de 14% du nombre de passoires [énergétiques] dans le parc locatif privé, soit 125 000 logements », indique le projet d'arrêté.
Elle entrera en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2027 si le texte est adopté. Comme lors des précédentes modifications, les propriétaires des logements concernés n'auront pas besoin de refaire faire un DPE par un diagnostiqueur. Ils pourront télécharger gratuitement une attestation de changement d'étiquette sur le site de l'observatoire de l'Ademe.
Des gagnants... et des perdants
Cette réforme serait une bonne nouvelle pour les propriétaires des logements concernés puisque la note, et donc la valeur, de leur bien sera revue à la hausse sans travaux de rénovation énergétique.
Elle est toutefois critiquée par certains acteurs. Une dizaine d'entre eux, dont les associations de défense des consommateurs Que Choisir et la CLCV, avaient adressé une lettre au ministère à la fin de l'année 2025, avant la précédente baisse du coefficient.
Elles y déploraient « une réforme en trompe-l'il (...) La modification artificielle de l'ensemble des étiquettes des logements chauffés à l'électricité aurait pour conséquence de brouiller la lisibilité du DPE. Les acheteurs comme les locataires seraient induits en erreur par des étiquettes très flatteuses, mais masquant des factures de chauffage anormalement élevées ».


















