Les particuliers sont de plus en plus nombreux à investir sur les marchés. Bonne nouvelle pour eux, les indices boursiers sont dans le vert. Voici les conseils de Frédéric Biraud, Directeur Général de BNP Paribas Portzamparc.

Il faut remonter à la fin des années 1990 pour retrouver un tel engouement des particuliers en France pour l’investissement sur les actions cotées. Depuis cette période, l’intérêt était retombé et ce n’est pas la volatilité des marchés financiers des crises de 2008-2009 et 2011-2012 qui a réconcilié les Français avec la Bourse.

Il aura fallu une privatisation réussie, celle de la Française des jeux, et une crise sanitaire sans précédent, pour générer un retour significatif des investisseurs privés vers les actions (hausse de 400 000 du nombre d’investisseurs en 2020, et de 70 000 sur le premier trimestre 2021 selon l’Autorité des marchés financiers). Et le mouvement ne devrait pas ralentir, alors que le CAC 40 a grimpé de plus de 17% au premier semestre, un niveau inédit depuis 20 ans.

La Bourse fait rêver et semble promettre des gains élevés, rapides, qui en font oublier le caractère aléatoire à court terme. Mais se transformer en un investisseur boursier performant sur le long terme, alors que vous êtes arrivé avec la vague des nouveaux entrants, n’est pas chose facile. Rassurez-vous, l’adoption de bonnes pratiques va vous permettre d’éviter les pièges, souvent résultats de biais comportementaux (cognitifs ou émotionnels) et de dégager de la performance. Si la correction des indices boursiers, que vous rencontrerez inévitablement, vous fera perdre un peu de sérénité, elle ne doit pas vous faire douter de la pertinence d’investir en actions à long terme au regard du niveau des taux d’intérêt.

Résister à la pression

En premier lieu, il vous faudra rester investi en résistant à la pression émotionnelle que le marché va exercer sur vous, à la forte baisse, associée à la peur de perdre, à la hausse, associée à la crainte du manque à gagner.

Diversifier son portefeuille

En second lieu, votre portefeuille devra être, en permanence, et quel que soit la tendance, diversifié, c’est-à-dire composé de plusieurs valeurs (plutôt 20-25) représentant différents secteurs. Ce dernier point est primordial. Là aussi, vous devrez résister à la tentation d’investir uniquement sur les valeurs que vous connaissez (biais de familiarité) ou sur un ou deux secteurs, qui vous semblent avoir la cote. Cette diversification sectorielle va vous conduire mécaniquement à élargir vos investissements à des zones géographiques où certains secteurs sont mieux représentés. Acquérir des leaders mondiaux requiert également souvent de passer par les Etats-Unis.

L’avantage de la diversification, au-delà de diminuer le risque du portefeuille, est de faciliter les prises de décisions douloureuses : il est notamment plus facile de vendre à perte pour se repositionner, lorsque l’action représente 4 à 5% de son investissement total.

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Avoir le sens du timing

Car en effet, en troisième lieu, vous devrez conserver les actions qui montent, plus longtemps, et vous séparer des mauvais investissements, plus rapidement. Autrement dit, vous devrez résister au biais le plus fort chez l’investisseur, le plus désastreux en termes de performance, qui consiste à vendre trop tôt les titres dont la valeur a augmenté, et inversement à conserver trop longtemps ceux dont la valeur a chuté (petit gain, grosse perte).

Garder son sang froid

Enfin, en quatrième lieu, vous devrez rester calme pour garder le cap et respecter les trois points abordés précédemment. Si la volatilité des marchés fait monter la pression émotionnelle, le changement de cadrage vous aidera à prendre du recul, à analyser la situation sous un autre angle.

C’est en respectant ces règles simples, que l’épargnant se transformera progressivement en investisseur de long terme avisé sur les actions. Elles lui permettront de traverser les phases volatiles des marchés en lui apportant la sérénité nécessaire à des prises de décisions rationnelles. Ces règles pourraient permettre de réconcilier durablement les investisseurs français avec les actions, en les aidant à répondre à leurs attentes de performance, en atténuant les effets de la volatilité et surtout en suscitant l’intérêt pour les entreprises cotées en Bourse.

Investir en bourse : mode d'emploi

Frédéric Biraud
© 2021 Frédéric Biraud

Frédéric Biraud est Directeur Général de BNP Paribas Portzamparc