Encourager les Français à mettre leur argent au service de léconomie en achetant des actions dentreprises françaises et européennes : cest un des objectifs que sest fixé la loi Pacte (1), entrée en vigueur lannée dernière. Pour y parvenir, le gouvernement tente notamment daméliorer lattractivité du Plan dépargne en actions, le fameux PEA créé en 1992 justement pour encourager lactionnariat populaire.
Fin 2019 en effet, la Banque de France dénombrait 4,9 millions de PEA détenus en France, auxquels il faut ajouter 87 000 PEA-PME. Un chiffre qui sest remis à progresser depuis 3 ans, après avoir atteint un point bas au 3e trimestre 2017 (4,07 millions), mais qui reste inférieur à ce quil était avant la crise financière de 2008, où 7 millions de Français détenaient ce produit.
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Comment accélérer la relance du PEA ? Parmi les leviers proposés, la loi Pacte a ouvert la voie à un encadrement des frais facturés par les banques à leurs clients pour louverture dun PEA, sa tenue de compte, les arbitrages effectués mais aussi les frais de transfert dun établissement à lautre. Une ligne tarifaire souvent très coûteuse, identifiée de longue date par les associations de consommateurs comme un frein au changement de banque.
Frais de transfert : 150 euros maximum à compter du 1er juillet
Lambition de la loi Pacte va finalement se concrétiser à partir de mercredi prochain, 1er juillet 2020. Cest à cette date en effet que rentrent en vigueur les mesures issues dun décret publié le 7 février dernier. Ce dernier plafonne à 10 euros les frais dentrée ; à 0,4% de la valeur des titres détenus, par an, les droits de garde ; ou encore à 0,5% du montant de lopération les frais de transaction et darbitrage par voie dématérialisée.
Le décret instaure également un plafond pour les frais de transfert ou de clôture : 15 euros maximum par ligne de titres à transférer, dans la limite de 150 euros pour lensemble des frais liés à ce transfert.
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A la veille de léchéance du 1er juillet, les banques se sont-elles mises en conformité avec ce nouveau cadre tarifaire ? Celui-ci a-t-il entraîné une harmonisation des pratiques tarifaires ? Et certaines enseignes en ont-elles profité pour revoir leur prix à la baisse, ou au contraire à la hausse ? Pour répondre à ces questions, nous nous sommes appuyés sur la veille tarifaire effectuée par Moneyvox pour alimenter son comparateur de tarifs bancaires.
Pas de révolution tarifaire
Premier enseignement : une quinzaine de banques seulement, sur les 128 suivies, ont jugé bon de mettre à jour leur grille tarifaire en juillet pour ladapter à la nouvelle donne. Il ny a donc pas de révolution tarifaire.
Sur ce total toutefois, cinq - Axa Banque, HSBC, Milleis Banque, Crédit Coopératif, Fortuneo - en ont profité pour saligner précisément sur les seuils réglementaires, alors quelles avaient auparavant des tarifications différentes. Cela sest-il fait au profit de leurs clients ? Ça dépend. Certaines enseignes, en effet, prévoyaient jusquici des minimums de perception - 60 euros chez Axa, 100 euros chez Milleis et HSBC - qui nont plus cours. D'autres les ont maintenus : 96 euros au Crédit Coopératif, 85 euros chez Fortuneo. Mais toutes appliquent le plafond de 150 euros, qui permet de limiter les frais pour les « gros » PEA.
Deux banques sous les seuils réglementaires
Mention spéciale pour La Banque Postale et la Caisse dEpargne Midi-Pyrénées : parmi les banques ayant mis à jour leurs tarifs, ce sont les seules à afficher des tarifs inférieurs aux seuils réglementaires : LBP facture en effet 7 euros par ligne dans la limite de 150 euros, tandis que la Caisse dEpargne Midi-Pyrénées a retenu les 15 euros par ligne, mais fixe un plafond limité à 115 euros.
Lopacité toujours de mise
Déception en revanche dans les autres enseignes ayant publié une nouvelle brochure tarifaire. Parmi elles, 5 Crédits Agricoles (Corse, Guyane, Martinique, Nord de France et Provence Côte dAzur) ont fait le choix de nafficher aucun tarif pour le transfert de PEA, se contentant dun « Nous consulter », qui suggère une facturation différenciée selon les clients. Une opacité assez peu dans lesprit de du décret.
Déception également chez Allianz Banque, qui annonce bien lexistence dun plafond général de 150 euros, mais pas le plafond de 15 euros par ligne facturé par ligne.
Huit banques hors des clous
Quen est-il des autres banques, celles qui nont pas mis à jour leur brochure tarifaire ? Sont-elles toutes déjà dans les clous ? Eh bien non ! Elle vont même être nombreuses à se retrouver hors la loi dès mercredi si elles continuent à appliquer les tarifs affichés dans leurs brochures.
Selon notre relevé, au moins 8 enseignes affichent en effet des tarifs supérieurs aux nouvelles limites au moment d'écrire ces lignes. La plupart appartiennent au groupe BPCE : il sagit de la Banque Populaire du Sud, de la Banque Dupuy de Parseval, de la Banque de Savoie, du Crédit Maritime Méditerranée et de la Banque Marze. Sy ajoutent Groupama Banque, BforBank ou Boursorama. Parmi elles, certaines appliquent des plafonds trop élevés : jusquà 1 500 euros, soit 10 fois le plafond réglementaire, à la Banque de Savoie, par exemple. Dautres, et parfois les mêmes, affichent des frais par ligne trop élevés : 28,83 euros à la Banque Populaire du Sud ou 24 euros par ligne chez BforBank.
Des tarifs toujours hétérogènes
Plus généralement, rares sont les enseignes à afficher le double plafonnement. Elles ont maintenu dans limmédiat leurs politiques antérieures. Elles comportent, selon les enseignes, des forfaits fixes, parfois jusquà 150 euros ; des minimums de perception, jusquà 120 euros ; des montants à payer par ligne ; plus rarement des pourcentages de la valorisation des actions placées sur le PEA. Et souvent un mix entre ces différents modes de facturation.
Résultat : dans limmédiat, malgré lencadrement, lhétérogénéité et lopacité restent globalement de mise. Sagit-il doublis, ou de retards dans la mise à jour des brochures tarifaires ? Possible. Toutefois, les banques, il faut le rappeler, sont tenues de publier leurs nouveaux tarifs 2 mois au moins avant leur entrée en vigueur. Il est donc urgent pour elles dagir.
(1) Loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises
Mise à jour (lundi 20 juillet, 16h30) - Dans un courriel adressé à MoneyVox, La Banque Populaire du Sud indique que « les 4 marques suivantes citées : la Banque Populaire du Sud, la Banque Dupuy, de Parseval, la Banque Marze et le Crédit Maritime Méditerranée, respectent bien les plafonds imposés par la loi PACTE et ce depuis la date réglementaire du 01/07/2020 ». Selon notre outil de veille, ces nouveaux tarifs ont été publiés sur le site web de la banque le 7 juillet, soit une semaine après la parution de cet article.





















