La fuite deau est lincident qui survient le plus couramment dans les logements. Selon le rapport 2018 de la Fédération française de lassurance (FFA), sur les 10 000 sinistres gérés chaque jour par les adhérents de la FFA et qui concernent lhabitation, 4 030 font suite à un dégât des eaux. En deuxième position, les événements climatiques sont mis en cause dans seulement 1 550 incidents.
Il est ainsi fréquent quun robinet mal fermé, quune fuite sur une canalisation ou quune infiltration par le toit dégrade un logement et ses équipements. Bien que fréquente, la gestion dun dégât des eaux peut être complexe surtout s'agissant des biens en location. En effet, selon lorigine de lincident lemplacement de la fuite mais aussi ce qui la causée cest au locataire, à son propriétaire ou bien à la copropriété de prendre en charge les réparations.
La couverture dégâts des eaux prévue dans lassurance habitation
Pour rappel, lassurance habitation ou multirisques habitation (MRH) est obligatoire pour les locataires et les copropriétaires. Celle-ci intègre a minima une protection contre le risque dincendie et contre les dégâts des eaux. Attention toutefois aux exclusions de garantie. Les dommages qui font lobjet dune indemnisation résultent généralement dune fuite, dune rupture de canalisation ou du débordement dun lave-vaisselle, lave-linge ou dune baignoire par exemple. L'indemnisation dépend des frais engagés, des résultats de lexpertise et des modalités prévues dans le contrat.
A linverse, les dommages liés à la condensation ou lhumidité ou liés à un autre liquide que leau, comme le fioul, ne font pas lobjet dune prise en charge dans ce cadre. Facultative pour les propriétaires (hors copropriété), lassurance habitation, et donc la couverture dégâts des eaux qui est une garantie de base dans les contrats MRH, reste vivement conseillée.
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Une fuite liée à la vétusté du logement : cest au propriétaire de payer
Mais voilà, ce nest pas parce que l'occupant du logement endommagé est assuré qu'il doit régler tous les dégâts des eaux. Ainsi, larticle 7 de la loi du 6 juillet 1989 encadrant les rapports locatifs dispose en effet que le locataire doit « prendre à sa charge l'entretien courant du logement, des équipements mentionnés au contrat et les menues réparations ainsi que l'ensemble des réparations locatives [ ], sauf si elles sont occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure ». Autrement dit, si à linstallation du locataire, la plomberie était défaillante et cest ce qui a causé linondation, les réparations incombent au propriétaire.
A ce propos, le Code civil est également clair. « Le bailleur est tenu de délivrer la chose en bon état de réparations de toute espèce. Il doit y faire, pendant la durée du bail, toutes les réparations qui peuvent devenir nécessaires, autres que les locatives », détaille larticle 1720. Le suivant, larticle 1721, précisant même que « tous les vices ou défauts de la chose louée qui en empêchent lusage » sont à la charge du propriétaire quand bien même « le bailleur ne les aurait pas connus lors du bail ». Egalement, si les biens du locataire sont détériorés à cause de ce sinistre, « le bailleur est tenu de lindemniser ».
De plus, si cest au propriétaire du bien de financer les travaux, le locataire ne doit en aucun cas prendre les devants, en contactant un plombier sans en informer au préalable le bailleur. Sil procède ainsi, le propriétaire pourrait ne pas être tenu de rembourser le locataire. Cest en effet le sens de la décision prononcée en septembre 1999 par la Cour dappel de Versailles à lencontre dune locataire qui avait entrepris des travaux sans laccord de son loueur.
Si, dans ce cadre, le locataire est victime d'un dégât des eaux, il doit contacter son assureur dans les 5 jours qui suivent le sinistre ou sa découverte. Si le contrat MRH le prévoit, il enverra un plombier pour rechercher la cause du sinistre et effectuer les réparations. C'est ce professionnel qui pourra notamment indiquer si la fuite provient de la vétusté de la plomberie et donc que le dégât des eaux doit être pris en charge par le propriétaire ou son locataire.
Mauvais usage ou usure non réparée : le locataire est responsable
Si le dégât des eaux fait suite à une dégradation due au fait que le locataire na pas entretenu les équipements mis à sa disposition ou sil en a fait une mauvaise utilisation, les frais de réparation sont à sa charge. Concrètement, cest le cas si la fuite est causée par un joint non changé, si le locataire na pas procédé à la révision annuelle de la chaudière (qui est de sa responsabilité) ou, autre exemple, si les toilettes ou l'évier ont débordé parce que l'occupant des lieux y a jeté des produits qui ont fini par boucher ou dégrader les conduits.
Dans ce cas-là, le locataire doit quand même informer de lincident son propriétaire ou lagence immobilière qui gère la location du bien. Il convient également de prévenir les voisins ainsi que le syndicat de copropriétaires afin de remplir éventuellement un constat amiable si le dégât des eaux les affecte également. Ensuite, pour prétendre à une indemnisation, il est nécessaire de prévenir lassureur dans les 5 jours. Il sagit du délai minimum légal, qui peut contractuellement être un peu plus long.
Si un voisin est impliqué (ou victime), il faut remplir un constat amiable avec lui - il ressemble à celui pour un accident de la route -, le signer et l'envoyer à l'assureur. Il est vivement recommandé de rassembler des pièces justificatives (prendre en photo les dommages, rechercher les factures et justificatifs d'entretien...) pour être indemnisé au mieux.
Dégât dans les parties communes : c'est à l'assurance de la copro d'intervenir
Autre cas de figure : la fuite, le débordement ou linfiltration a pris naissance dans les parties communes de votre immeuble. Dans ce cas, il faut se retourner contre la copropriété. Elle a dû souscrire en son nom une assurance servant à indemniser les victimes des dommages causés dans les parties communes.
Victime de la fuite d'eau d'un voisin : c'est lui qui paie
De la même façon, si la détérioration provient dun dégât des eaux chez un voisin, cest à lui, ou son assureur, den assumer les frais, que sa responsabilité soit ou non avérée. C'est ce qu'a rappelé la Cour de cassation en avril 2018 : « Chacun est « gardien » de son habitation et responsable « de plein droit », c'est-à-dire sans circonstances particulières, des dommages qu'elle peut causer », expliquait-elle dans le cadre d'un litige suite à une infiltration d'eau dont l'origine demeurait indéterminée. Il reste néanmoins indispensable que l'ensemble des personnes concernées remplissent un constat amiable afin de décrire le sinistre à leur compagnie dassurance respective. Chacun devant ensuite l'envoyer à son assureur.
La convention Irsi pour simplifier la gestion des sinistres à plusieurs
Depuis juin 2018, la nouvelle Convention d'indemnisation et de recours des sinistres immeubles (Irsi) codifie, pour les assureurs, la gestion des sinistres comme le dégât des eaux et l'incendie, impliquant plusieurs personnes et dont le montant des dommages est inférieur à 5 000 euros. Cette convention prévoit que c'est à l'assureur de l'occupant du bien sinistré de gérer la prise en charge du sinistre. Précisément, si le préjudice est inférieur à 1 600 euros hors taxes, c'est à lui de verser les indemnisations, que son client soit responsable ou non. Si la somme en jeu se situe entre 1 600 et 5 000 euros HT, le gestionnaire est alors tenu de réaliser une expertise pour le compte de l'ensemble des compagnies d'assurance impliquées. En test jusqu'à la mi-2020, cette Convention a pour but d'améliorer une convention précédente (CIDRE), qui entrainait de fréquentes résiliations, par les assureurs, de clients victimes des dégâts des eaux de leurs voisins.


















