L'assurance vie a enregistré un nouveau mois de décollecte en octobre, le huitième d'affilée, même si un ralentissement de la tendance est à noter, selon les chiffres publiés jeudi par la Fédération française de l'assurance.

En octobre, les épargnants français ont déposé 10,9 milliards d'euros sur ce placement tandis que les prestations versées (qui comprennent les rachats et les versements en cas de décès) ont atteint 11 milliards, aboutissant à une collecte nette négative de 154 millions d'euros, soit un peu moindre que celle de 800 millions observée en septembre.

Ce niveau de décollecte revient à un niveau proche de celui recensé au mois d'août (100 millions), inférieur aux 500 millions de juillet et aux 700 millions de juin, et bien loin des deux milliards de mars, avril et mai.

« La très faible décollecte du mois d'octobre souligne que les ménages reviennent progressivement sur l'épargne de long terme et que le premier produit d'épargne ne souffre d'aucune défiance », même si « un tel cycle de décollecte n'avait jamais été enregistré », a souligné Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne.

Aucun mois de collecte positive depuis le Covid

Depuis le début de l'année, la décollecte nette s'est ainsi établie à 7,3 milliards d'euros, « une baisse historique », a commenté auprès de l'AFP Franck Le Vallois, nouveau directeur général de la Fédération française de l'assurance.

Depuis l'explosion de la pandémie de Covid-19 en mars, l'assurance vie n'a ainsi enregistré aucun mois de collecte positive. Cette tendance s'explique surtout par une collecte bien moindre, le niveau des prestations versées restant très proche de celui de 2019. La faute aux « incertitudes sur l'avenir qui poussent massivement les ménages à grossir leur bas de laine » pour se constituer une épargne facilement accessible, a expliqué M. Le Vallois.

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Un tiers des investissements en UC

Depuis le début de l'année, la part des investissements en unités de compte, plus risqués mais potentiellement plus rémunérateurs que les fonds dits « en euros », a cependant progressé à 34% des cotisations contre 26% l'année dernière.

Très prisés des épargnants il y a encore quelques années, les supports d'investissement en euros, dont le capital et les intérêts sont garantis, sont de moins en moins rémunérateurs dans un contexte de taux très bas, voire négatifs. Pour les assureurs, il devient aussi plus difficile de garantir aux assurés des rendements et les compagnies cherchent de toute façon à réduire dans leur portefeuille la part de ces contrats très coûteux en capitaux réglementaires.

À fin octobre, l'encours des contrats d'assurance vie s'élevait à 1.753 milliards d'euros.