Va-t-il enfin décoller ? Le fonds eurocroissance était présenté en 2014 comme le « troisième pilier » de lassurance vie, à mi-chemin entre le fonds euros (avec garantie en capital) et les unités de compte (sans garantie). Leurocroissance offre aux épargnants une garantie en capital, mais uniquement à condition de détenir ce fonds pendant une durée minimale (8 ans ou plus, au choix de lépargnant).
Problème : la conjoncture de taux (très) bas pénalise fortement le fonds eurocroissance, les assureurs devant en placer une trop grosse part sur des actifs sans risque pour assurer cette garantie en capital. Sous-dimensionnée, la « poche de risque » ne permet alors pas de servir des performances suffisamment intéressantes pour séduire le grand public... En moyenne, en 2018, la performance globale de leurocroissance (-3,5%) est même venue annuler le gain moyen de lannée 2017 (+3,4%). Résultat : l'encours de l'eurocroissance n'est « que » de 2,5 milliards d'euros fin 2018, une goutte d'eau à l'échelle de l'assurance vie (plus de 1 700 milliards d'euros).
Quand ce support sera-t-il relancé ? Début octobre, le ministre de lEconomie et des Finances Bruno Le Maire a encore appelé les assureurs français à promouvoir l'eurocroissance dans sa version « loi Pacte » : « Ce nouvel eurocroissance offrira une épargne qui sera garantie au bout d'une certaine période de temps uniquement, mais qui offrira en contrepartie une épargne plus dynamique et plus riche en actions et permettra le financement de léconomie. »
Une poche de risque plus souple et étendue
Bercy avait annoncé que lensemble des décrets et arrêtés nécessaires à lapplication de loi Pacte seraient pris avant la fin novembre 2019. Léchéancier de mise en application de la loi prévoyait même une publication de « larrêté eurocroissance » fin octobre. Cet arrêté na toujours pas été publié, mais LArgus de lassurance a dévoilé le texte en projet.
La loi Pacte adapte déjà, à larticle 72, la structure financière dun fonds eurocroissance en permettant aux assureurs de prendre plus de risque avec les actifs gérés, et de transférer leur ancien fonds eurocroissance vers le nouveau. Des évolutions dordre technique qui doivent surtout offrir plus de souplesse aux assureurs afin de rendre ce fonds plus compétitif.
Le projet darrêté complète le dispositif technique pour permettre cette transition. Le texte prévoit par exemple la création dune « provision pour garantie à terme », les assureurs devant toujours être en capacité de rendre leur mise aux épargnants sils respectent leur engagement de détention (8 ans ou plus). Le nouvel eurocroissance doit permettre aux assureurs de communiquer un rendement unifié, pour tous les épargnants, lequel pourra être bonifié si lengagement est supérieur à 8 ans.
La commercialisation de lassurance vie mieux encadrée
Le projet darrêté dévoilé par LArgus de lassurance touche aussi au mode de commercialisation de lassurance vie. Le devoir dinformation sera renforcé, ainsi que la transparence sur les frais, la communication des performances, etc.
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