En 1996, Monsieur Jean a souscrit un contrat dassurance vie auprès de La Mondiale et y a placé 370.000 euros. Dans la clause bénéficiaire, il a opté pour une répartition inégalitaire entre ses enfants : 43,75% pour son fils et 18,75% pour chacune de ses trois filles alors que dans son testament, il avait indiqué une répartition à part égale entre ses enfants. Monsieur Jean est décédé en décembre 1997. En 2006, deux des trois surs réclament lannulation du contrat pour insanité desprit de leur père et la réintégration des sommes (548.390 euros à cette date) à lactif successoral.
Linsanité desprit est la perte des facultés de discernement de la personne. Elle est reconnue par la jurisprudence lorsque la personne na pas la lucidité, le discernement ou une volonté suffisante, éléments nécessaires à la rédaction en toute connaissance de cause d'un acte. Laction en nullité par les héritiers pour insanité desprit se prescrit après cinq ans.
La Cour dappel de Versailles s'était toutefois basée sur un autre délai dans sa décision : elle avait déclarée recevable la demande des deux filles en retenant la prescription de 10 ans applicable aux bénéficiaires de contrats dassurance-vie. Une interprétation rejetée par la Cour de cassation (1). La Haute juridiction considère que les deux surs nagissaient pas en tant que bénéficiaires mais bien en tant quhéritières de leur père. Laffaire devra donc être rejugée par la Cour dappel de Paris.
(1) Cour de cassation, 1ère chambre civile, 13 juillet 2016, pourvoi 14-27148


















