Pour éviter les cambriolages, il peut être judicieux de confier la surveillance de votre logement à une société spécialisée capable d’intervenir au moindre signal d’alarme. Mais comment choisir le bon prestataire ?

Chaque année, 489 000 cambriolages ou tentatives ont lieu et même 9% des victimes en subissent plusieurs au cours d’une même année, selon le ministère de l’Intérieur. Un risque qui peut amener à prendre des dispositions pour empêcher toute intrusion dans votre logement.

Bien sûr, il est indispensable de protéger les accès de votre habitation : on sait que la majorité des cambrioleurs passe par la porte. Mais les fenêtres, les baies vitrées et les balcons sont aussi des points vulnérables. Serrures de sûreté, portes blindées, volets métalliques, vitrages anti-effraction, barreaudages… forment l’arsenal des mesures de protection dites mécaniques.

Ces protections seront efficacement renforcées par une protection électronique, soit l’installation d’un système d’alarme. Les bons bricoleurs peuvent trouver des alarmes à poser soi-même. Mais il n’est pas aisé, pour qui n’est pas spécialiste des questions de sécurité de déterminer les lieux du logement où poser les détecteurs nécessaires. Vous pouvez alors faire appel à un spécialiste qui après étude de la configuration des lieux déterminera le système adapté à vos besoins, et l’installera.

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Surveillance à distance, comment ça marche ?

Il existe des alarmes de télé et de vidéosurveillance connectées pilotées à partir de votre téléphone ou de votre ordinateur qui permettent de savoir ce qui passe en temps réel chez vous où que vous soyez. Vous pouvez également faire appel aux services d’une entreprise de télésurveillance dédie aux particuliers. Des banques comme le Crédit Agricole avec Nexecur par exemple, des assureurs et des opérateurs téléphoniques proposent également des contrats de télésurveillance des logements.

L’entreprise de télésurveillance ne peut exercer son activité que si elle est titulaire d’une autorisation d’exercer, matérialisée par une carte professionnelle, délivrée par le CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité).

Le principe de la télésurveillance est simple : l’alarme de votre logement est reliée par téléphone à une station de télésurveillance. Quand elle se déclenche, le centre est automatiquement prévenu. Un opérateur applique alors la procédure de levée de doute afin de vérifier le sérieux de l’alerte, et qu’il ne s’agit pas d’un dysfonctionnement technique ou une mauvaise manipulation du système de l’alarme.

Cette procédure est obligatoire avant de contacter les forces de l’ordre d'après l'article L613-6 du code de la sécurité intérieure. Le prestataire qui les alerte de manière injustifiée s’expose à une amende pouvant atteindre 450 euros. Selon la procédure de levée de doute convenue dans le contrat, l’opérateur peut réaliser la vérification par consultation des images ou par contact téléphonique. Il demande alors à la personne présente dans les lieux de s’identifier en lui indiquant le mot de passe choisi par le propriétaire ou le locataire du logement au moment de la signature du contrat de télésurveillance. Si ce n’est pas le cas, l’opérateur de l’entreprise de sécurité alerte les forces de l’ordre.

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Scrutez les contrats et les conditions générales

Le marché de la sécurité des biens et des personnes est composé d’entreprises de petite taille. Avant de faire affaire avec l'une d'entres, il est indispensable de vérifier sa solidité financière et surtout qu’elle dispose du personnel en nombre suffisant pour remplir correctement les missions de télésurveillance.

Les offres de télésurveillance se matérialisent sous la forme d’un contrat d’abonnement qui moyennant le paiement d’une cotisation mensuelle, permettent de bénéficier d’un certain nombre de prestations. Il n’existe pas de contrat type : chaque entreprise établit les clauses de ses contrats de télésurveillance à sa guise, mais tous les contrats sont soumis aux règles du code de la consommation protectrices du consommateur : droit de rétractation, durée, reconduction tacite, résiliation...

Généralement, sont proposées des formules appelées « pack » allant de la plus basique à prix plus modeste avec un nombre de prestations limité, à l’offre plus complète mais aussi plus chère. Certaines prestations sont en option, donc facturées en plus du prix de l’abonnement mensuel.

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La première question à poser concerne l'étendue du matériel électronique de surveillance (centrale d’alarme, détecteurs de mouvement, transmission etc) à installer. Il est intéressant aussi de savoir faire la part entre le prix du matériel proprement dit et des autres services en particulier l’entretien, le dépannage…

Il est important de veiller au délai d’intervention en cas de panne : ce serait un comble de rester des semaines sans alarme en attendant le réparateur alors que vous payez pour une télésurveillance 24 heures sur 24 heures, 7 jours/7 jours. Autre question, le coût de la dépose et la réinstallation du matériel dans le nouveau logement en cas de déménagement.

Certaines entreprises ne vendent ni ne louent le matériel, mais demandent aux clients de le faire installer et entretenir par un installateur agrée par le fabricant. Pas sûr que cette solution soit satisfaisante : en cas de sinistre, la société de télésurveillance pourrait avoir la tentation de s’abriter derrière la responsabilité civile de l’installateur du matériel.

Attention aux clauses abusives

En cas d’effraction avérée, l’opérateur de télésurveillance vous prévient afin que vous puissiez aller vérifier sur place ce qui s’est passé et il alerte les forces de l’ordre. L’envoi d’un agent de sécurité sur place n’est pas systématique, ce déplacement n’a lieu que si vous avez choisi cette option. Dans ce cas, une autre difficulté réside dans les délais d’intervention de l’agent de sécurité, les opérateurs ne s’engageant pas sur un délai précis d’intervention.

Le système de facturation doit aussi appeler votre attention : certaines entreprises de télésurveillance facturent l’abonnement pour un an, et prélèvent le paiement d’avance mensuellement ou trimestriellement. Certaines conditions générales indiquent que si le client choisit le paiement par chèque, il devra régler d’avance et pour une année entière la totalité de la facture ! Ces deux clauses, facturation à l’année et/ou règlement obligatoire par prélèvement, entrent dans le champ des clauses abusives, sachant que vous devrez obligatoirement aller en justice pour que soit dûment constaté par le tribunal le caractère abusif de ces clauses.

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