Entre dynamisme et morosité, le secteur associatif français subit des vents contraires. Dun côté, le dynamisme sobserve dans le volontarisme des Français. Chaque année, depuis 2013, plus de 70 000 associations principalement sportives et culturelles sont créées. Résultat, il existe aujourdhui en France entre 1,35 et 1,45 million dassociations, selon le 17ème baromètre « La France associative en mouvement » du réseau de chercheurs pluridisciplinaires « Recherche & Solidarités ».
Si les créateurs dassos sont motivés, ils connaissent en revanche une difficulté croissante à sappuyer sur dautres personnes. Cela se mesure dans le nombre demplois. Alors que les effectifs progressaient régulièrement depuis 2011, ils sont en repli en 2018 de 1%. Leur nombre est passé en dessous du seuil des 1,85 million, à 1,837 million de salariés. A lorigine de cette baisse : 4 300 associations, sur les plus de 160 000 associations employeurs, ont arrêté de salarier des personnes. Il faut dire que lannée 2018 a été marquée par la suppression des contrats aidés, très utilisés par les structures associatives pour embaucher à moindre coût, et remplacés par un dispositif plus sélectif, le « Parcours emploi compétence ».
En revanche, les salariés restants ont vu leur rémunération progresser. A près de 40 milliards deuros, la masse salariale a augmenté de 1,3% sur un an. Et le salaire moyen est passé de 21 200 euros par an, en 2017, à 21 700 euros annuels en 2018 (+2,4%). Cela reste toutefois bien loin de la rémunération moyenne dun salarié français (26 600 euros nets par an, selon les dernières données de lInsee).
Mais la crise du secteur associatif concerne surtout le bénévolat. Sur les trois dernières années, la proportion de Français donnant du temps gratuitement est passée de 39% à 37%. Mais, plus que le nombre de bénévoles en baisse, cest surtout leur moindre disponibilité qui inquiète les associations. Daprès Recherche & Solidarités, 12,5% des Français simpliquaient chaque semaine dans leur association en 2016. En 2019, ils ne sont plus que 10% à prendre part dune manière hebdomadaire à son fonctionnement. De quoi préoccuper les responsables associatifs, dans la mesure où 90% des associations en activité ne fonctionnent quavec des bénévoles.
















