Déposée le 28 avril 2026 à l'Assemblée nationale par des députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), une nouvelle proposition de loi prévoit d'indexer les bourses sur l'inflation et de les verser sur douze mois, afin de mieux répondre à la précarité croissante des étudiants.

Le constat est largement documenté par les travaux de l'Observatoire de la vie étudiante ou de la DREES : la situation matérielle des étudiants s'est nettement dégradée ces dernières années. Selon les auteurs du texte, près d'un étudiant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, tandis que le coût de la vie étudiante a fortement progressé, notamment sous l'effet du logement et de l'alimentation.

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Au cœur de la réforme proposée, deux mesures se détachent. D'abord, l'instauration d'un mécanisme d'indexation automatique des bourses sur l'inflation. Aujourd'hui, les montants ne sont pas systématiquement ajustés à la hausse des prix, contrairement à la plupart des prestations sociales. Le texte prévoit ainsi une revalorisation annuelle au moins équivalente à l'évolution de l'indice des prix à la consommation (hors tabac) calculé par l'INSEE.

Une aide à payer son loyer toute l'année

Deuxième évolution majeure : l'annualisation du versement. Actuellement, les bourses sur critères sociaux sont versées sur dix mois, de septembre à juin. La proposition de loi prévoit de les étendre à douze mois, afin de couvrir les dépenses estivales, alors que de nombreux étudiants continuent à payer un loyer ou doivent financer leur rentrée suivante.

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Pour les députés à l'origine du texte, ces ajustements répondent à une double dérive du système. D'une part, l'érosion du pouvoir d'achat des boursiers, liée à l'absence de revalorisation régulière. D'autre part, une forme d'« éviction silencieuse » : faute d'actualisation des barèmes, certains étudiants perdent leur éligibilité ou voient leur aide diminuer, sans amélioration réelle de leur situation. Le nombre de bénéficiaires a ainsi reculé d'environ 70 000 en quelques années, malgré une population étudiante en hausse, selon l'exposé des motifs.