Les loyers de marché (1) nont augmenté que de 0,7% sur les huit premiers mois de lannée 2014, selon les derniers chiffres publiés cette semaine par lobservatoire Clameur (2). Une hausse toute relative puisque, sur la même période, linflation était également de 0,7%, selon les chiffres de lInsee. Pire, depuis 2006, les loyers augmentent moins vite que linflation : « en moyenne chaque année, +1,4% pour une inflation estimée à 1,6% par lInsee » souligne Clameur. Un décrochage qualifié de « remarquable » par lobservatoire puisque de 1998 à 2006, la hausse des loyers du parc privé était encore de 4% par an, lorsque les prix à la consommation naugmentaient que de 1,8% en moyenne.
Dans le détail, les loyers des studios et « 1 pièce » ont reculé de 0,6% depuis le début de 2014 et ceux des « 2 pièces » nont augmenté que de 0,5% : cette évolution sur les petits logements explique la faible progression générale. Le marché des grands logements (« 5 pièces et plus ») sen tire mieux, avec une progression de 2,9% sur les huit premiers mois de lannée.
Des disparités régionales
La hausse des loyers est davantage contenue en province (+0,6% depuis début 2014) quen Île-de-France (+0,9%). En sappuyant sur les données des professionnels, Clameur parvient à classer les différentes régions françaises :
- Les 10 régions où les loyers baissent : Picardie (-3,2%), Limousin (-1,3%), Languedoc-Roussillon (-1,2%), Bourgogne (-1%), Nord-Pas-de-Calais (-0,6%), Champagne-Ardenne (-0,5%), Basse-Normandie (-0,5%), Haute-Normandie (-0,4%), Midi-Pyrénées (-0,3%) et Centre (-0,2%).
- Les 4 régions où les loyers stagnent ou augmentent moins vite que linflation : Poitou-Charentes (0%), Alsace (+ 0,4%), Aquitaine (+ 0,6%) et Bretagne (+ 0,7%).
- Les 7 régions où les loyers augmentent plus vite que linflation : Île-de-France (+0,9%), Franche-Comté (+1,1%), PACA (+1,1%), Rhône-Alpes (+1,5%), Pays-de-la-Loire (+1,6%), Lorraine (+1,7%) et surtout Auvergne (+2,7%).
Les régions qui accusent un fort ralentissement de lactivité du marché locatif privé sont celles qui subissent de plein fouet la crise économique. « Sur chaque territoire, les valeurs sadaptent à la capacité financière des clientèles potentielles » explique lobservatoire dans son rapport. Les propriétaires qui proposent un bien à la location doivent faire avec une certaine « paupérisation des candidats » (montée du chômage, ralentissement puis baisse du pouvoir dachat, dégradation des aides personnelles au logement, etc.).
Limportance de létat du logement
Mais cet état « dépressif » du marché locatif ne semble pas être une fatalité. Dans son étude Clameur constate que « leffort damélioration et dentretien des logements » est bien souvent rémunérateur pour les bailleurs.
En effet, « le différentiel de loyer entre deux locataires dépend de la nature des travaux réalisés » souligne le rapport. Sur les huit premiers mois de cette année 2014, les loyers augmentent en moyenne de 13,1% si le logement a connu « de gros travaux » (remise aux normes « techniques »). Dans le cas de petits travaux courants, le différentiel de loyer est de +1,5%. En revanche, « si le logement est présenté à la location en létat, le loyer du nouveau locataire sera de 2,5% inférieur à celui du précédent locataire » conclut létude.
(1) Les loyers de marché sont mesurés lors dune relocation ou dune location nouvelle, pour les seuls logements du secteur libre.
(2) Basée sur des données transmises par des professionnels de l'immobilier parmi lesquels Century 21, Foncia, Bouygues Immobilier, Gécina, Groupama Immobilier, Icade, Nexity, ou encore l'UNPI. L'observatoire Clameur recense les loyers dans 2.854 villes et 1.606 regroupements de communes.
















