« Nous avons décidé, je dois le dire à titre personnel avec une certaine forme de regret et un peu d'amertume, d'engager la responsabilité du gouvernement. Ce que je ferai demain sur la partie recettes du projet de loi de finances », a affirmé le Premier ministre lors du compte rendu devant la presse du Conseil des ministres.

Il a aussi dit que le déficit public serait « sincèrement » à 5% du PIB, comme il l'avait promis.

Après s'être engagé à l'automne à renoncer à l'article 49.3 de la Constitution, qui lui permet de faire adopter un budget sans vote à l'Assemblée nationale à condition de résister à la censure, le chef du gouvernement a concédé le « semi-échec » de sa méthode.

« Un semi-succès, semi-échec »

« Il faut être humble. C'est un semi-succès, semi-échec. Ça a fonctionné sur la Sécurité sociale, personne n'y croyait », mais sur le budget de l'Etat « tout le monde en arrive aussi à la conclusion qu'on va dans une impasse », a-t-il expliqué.

« On va arrêter de se donner en spectacle devant le monde entier », a-t-il ajouté, en référence aux interminables débats parlementaires sur le budget.

Il a néanmoins défendu le compromis budgétaire qu'il est en train de finaliser, probablement synonyme d'accord de non-censure avec le Parti socialiste.

« On a désormais et dans les heures qui viennent un texte qui me semble solide, sérieux, qui ne donne pas du tout la part belle à la folie fiscale comme certains veulent bien le dire, qui en même temps structure des recettes pour l'Etat », a-t-il développé, tentant de répondre aux réserves venant de la droite et des troupes du bloc central sur les efforts demandés notamment aux entreprises.

« Je prends sur moi ce texte de compromis puisque plus personne ne veut complètement l'endosser », a-t-il ajouté.

En tout, trois 49.3 devraient être nécessaires pour aboutir à une adoption définitive du budget de l'Etat pour 2026, probablement suivis pour chacun d'entre eux de motions de de censure.