Taxer les « super héritages », créer un ISF climatique, refondre l'impôt sur le revenu : l'ONG Oxfam met jeudi sur la table ses propositions fiscales pour le prochain quinquennat, avec comme objectif la mise en place d'« une fiscalité juste, verte et féministe ».

Ce « manifeste » veut « s'attaquer aux inégalités », en utilisant l'outil fiscal pour renforcer le financement du modèle redistributif français, victime d'un « affaiblissement » après les réformes fiscales menées depuis vingt ans, défend l'ONG. Ces réformes « ont transféré le poids de la fiscalité des entreprises et des plus riches vers les classes moyennes et populaires », avec la montée en puissance de la CSG, la suppression de l'ISF ou encore la baisse de l'impôt sur les sociétés, explique Oxfam.

L'ONG propose donc 15 mesures visant à augmenter les impôts payés par les plus aisés et les grandes entreprises. Elle plaide notamment pour un impôt sur les successions qui prendrait en compte tous les versements touchés par un héritier au long de sa vie et non plus seulement au moment de l'héritage, afin de supprimer les possibilités d'abattements qui profitent aux hauts patrimoines.

Par ailleurs, la fiscalité du travail et du capital doit être rééquilibrée, selon Oxfam, qui veut totalement revoir l'impôt sur le revenu et la CSG pour en augmenter la progressivité. Dans le même temps, elle défend le retour d'un impôt sur la fortune, en réduisant les niches fiscales associées et le bouclier fiscal. Les assujettis à l'ISF payeraient aussi une surtaxe sur leurs actifs financiers les plus polluants.

Supprimer les niches fiscales polluantes

Sur le volet écologique, Oxfam propose de supprimer les niches fiscales polluantes et de relancer l'augmentation de la fiscalité carbone avec des dispositifs, encore à définir, d'accompagnement des plus modestes.

Enfin, dans une perspective féministe, l'ONG propose de déconjugaliser l'impôt sur le revenu pour les personnes mariées ou pacsées et de revoir la fiscalité des pensions alimentaires.

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Pas d'impôt supplémentaire jusqu'à 2 500 euros nets mensuels

Selon l'ONG, cet effort fiscal d'ampleur se ferait « sans augmenter la contribution fiscale de 70% des Français-e-s, c'est-à-dire les personnes seules gagnant moins de 2 500 euros net par mois ».

Les entreprises ne sont pas en reste puisque l'ONG plaide pour un taux minimum d'impôt sur les bénéfices des multinationales plus élevé que celui de 15% négocié au niveau international, et sans exonérations.

L'ensemble de ces mesures permettrait de dégager 65 milliards d'euros à réinvestir dans la transition écologique, la réduction des inégalités et de la pauvreté. Oxfam propose par exemple une revalorisation du RSA, d'importants investissements dans l'hôpital, le logement social, le ferroviaire ou la rénovation énergétique.