Plus de 100 000 contribuables ont payé leurs impôts en 2020 dans un bureau de tabac. Ils devraient être de plus en plus nombreux à le faire. Une perspective qui inquiète les syndicats du fisc.

Une nouveauté qui rencontre son public. Depuis 6 mois, on peut s'acquitter des amendes de stationnement, des factures de la crèche, de cantine ou d’hôpital dans plus de 8 000 bureaux de tabac, quel que soit le montant si vous réglez en carte bancaire et jusqu'à 300 euros en cash. Il est possible aussi de régler certains impôts quand la somme ne dépasse pas 300 euros. Pour réaliser l‘opération, il suffit de vérifier que la mention « payable auprès d’un buraliste » figure dans les modalités de paiement, puis de scanner la facture à l’aide du « QR code » présent sur le document.

Selon la Confédération des buralistes, plus de 280 000 transactions de facture du quotidien ont ainsi été réglées, pour un total d’au moins 28 millions d’euros. La facture moyenne est donc de 100 euros et dans 48% des cas, le règlement a été fait pour payer un impôt local (taxe d’habitation ou taxe foncière), selon les chiffres diffusés ce mardi dans Le Parisien.

« Nous montons en puissance », se félicite Philippe Coy, le président de la Confédération, alors qu’à terme, 2 millions de factures du quotidien pourraient ainsi être payées chaque année. Pour les buralistes, c'est l'occasion de diversifier leurs sources de revenus et d'attirer peut-être une nouvelle clientèle. Pour chaque encaissement, ils récupèrent 1,50 euro.

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Mais ce dispositif n’est pas au goût de tout le monde. « Cette externalisation d’une mission de service public n’est pas acceptable, d’autant qu’elle fait suite à la destruction de notre réseau de proximité », enrage Anne Guyot-Welcke du syndicat Solidaires-Finances publiques. « Quid de la confidentialité ? Avez-vous envie de payer votre taxe d’habitation avec, dans votre dos, un voisin qui attend pour un jeu à gratter ? L’Etat mène des politiques de santé publique contre la cigarette, mais il envoie ses contribuables acquitter leurs impôts… au bureau de tabac. Cherchez l’erreur », abonde un élu CGT interrogé par le quotidien.