« Nous sommes favorables à une révision de l'impôt sur les successions (...), tout héritage serait taxé alors qu'aujourd'hui ce n'est pas le cas, dès le premier euro », a affirmé la dirigeante du premier syndicat français qui organise sa rentrée ce mardi autour de la question des services publics.
« La question c'est : est-ce qu'on aura des responsables politiques qui auront le courage d'assumer que ça peut bouleverser une partie de leur électorat ? », a-t-elle poursuivi, précisant mettre régulièrement cette proposition sur la table.
Selon les projections de l'organisation syndicale, « cette réforme de l'impôt permet de financer la 5e branche de la Sécurité sociale et donc la question de la dépendance et de la perte d'autonomie », a détaillé à la presse Marylise Léon, à l'issue de son discours de rentrée, ajoutant avoir « conscience que ce n'est pas une mesure très populaire, mais que c'est le plus juste ».
Un nombre très limité de Français s'acquittent aujourd'hui de l'impôt sur les successions.
Entendu en février 2022 par la commission des Finances du Sénat, le ministre de l'Economie d'alors, Bruno Le Maire, avait estimé que « les deux tiers des successions ne sont soumises à aucun droit de succession » et que cette fiscalité ne concerne ainsi qu'un « nombre très limité de Français ».
La taxation de l'héritage figure au programme de Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire organisée par Place publique et le Parti socialiste, qui propose la création d'un « impôt sur les grandes successions ».
Mardi matin, Marylise Léon a déclaré vouloir discuter de toutes les idées du syndicat avec les différents candidats à la présidentielle en début d'année prochaine.
« Mais il y en a que la CFDT ne rencontrera pas, c'est le cas de Marine Le Pen. La CFDT a une ligne extrêmement claire sur le fait qu'elle ne parle pas aux candidats de l'extrême droite », a expliqué la secrétaire générale du syndicat sur RTL.
« L'extrême droite n'est pas une solution. Elle désigne des responsables, mais elle ne traite pas les causes, elle divise quand les défis auxquels nous sommes confrontés exigent au contraire du collectif et des réponses concrètes », a renchéri la cheffe de la CFDT dans son discours de rentrée, appelant à « sortir d'une vieille maladie française, de l'homme ou la femme providentiel » et assurant que son organisation participerait « pleinement à la confrontation des idées ».

















