« Pourquoi les cybercriminels arrivent-ils à avoir le temps d'extraire autant de données sans être rapidement découverts ? Une des raisons premières est la « dette technique » de la DGFiP », déplore le syndicat dans un communiqué.
Solidaires Finances publiques précise que cette dette correspond à « l'ancienneté de certaines briques de notre système d'information et de nos modèles de sécurité, dette qui avait été montrée du doigt par la Cour des comptes et l'Inspection générale des Finances » dans des documents récents.
Le syndicat estime, par ailleurs, que « cela est également dû à la politique du toujours plus de numérique, de données, d'interconnexions et d'accès distants, sans que les ressources allouées à la sécurité soient suffisantes ».
La DGFiP a confirmé le 14 août deux intrusions, survenues fin juin et fin juillet, ayant abouti au vol de données concernant au moins 678 000 particuliers et professionnels et environ 200 000 comptes présents dans ses fichiers cadastraux.
Une enquête ouverte
Sébastien Lecornu a commandé, lundi, à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) un « audit approfondi » après ces incidents. « Pour Solidaires Finances Publiques, la crise actuelle mérite mieux que des cris et des promesses démagogiques, d'autant plus lorsqu'elles émanent de celles et ceux qui ont largement participé à cette situation en votant, sans discontinuer, la baisse des budgets, depuis des décennies, au nom de la sacro-sainte réduction des dépenses publiques, et/ou qui n'ont de cesse de développer des discours anti-fonctionnaires », souligne encore le syndicat.
Il juge que cette cyberattaque « doit être l'occasion d'ouvrir un débat national sur le développement du numérique et la sécurité des données (...). La rupture de confiance des citoyennes et citoyens envers l'État, ses agentes et agents et leurs missions, est aujourd'hui profonde. Elle a un impact significatif sur le consentement à l'impôt, principe démocratique fondamental ».
Parmi les informations fiscales des particuliers dérobées figurent les noms et prénoms, le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou encore le taux de prélèvement à la source. Le parquet de Paris a ouvert une enquête, notamment pour « extraction frauduleuse de données » et « association de malfaiteurs ».



















