« Ce n'est pas la qualité de vie qui fait partir les familles, c'est le prix du m². A vrai dire, les familles ne partent pas, elles sont chassées par la spéculation immobilière », a déclaré le nouveau maire socialiste Emmanuel Grégoire.

« A Paris, 40% des logements privés sont détenus par des personnes qui possèdent au moins cinq bien immobiliers. (...) Cela entraîne une hausse massive du nombre de logements inoccupés avec près de 300 000 logements vacants et résidences secondaires », a ajouté M. Grégoire.

Pour enrayer la crise, l'exécutif prévoit de taxer davantage la vacance. « Le projet de loi de finances nous permet de faire passer les taux de la taxe sur les logements vacants de 17% de la valeur locative cadastrale au bout d'un an de vacance et 34% au bout de deux ans, à 30% au bout d'un an et 60% au bout de deux ans », a précisé à l'AFP l'adjoint au Logement Jacques Baudrier.

La taxe passant à son niveau maximal début 2027, l'élu communiste appelle les propriétaires à « louer ou vendre leur logement pour ne pas la payer ». Il espère ainsi « récupérer des dizaines de milliers de logements ».

Brigade de protection du logement

La deuxième mesure phare est la création d'une « brigade de protection du logement » d'environ 150 personnes qui interviendra « dans la lutte contre les meublés de tourisme illégaux, l'habitat insalubre et les marchands de sommeil, la prévention des expulsions ainsi que pour le respect de l'encadrement des loyers ».

Cette brigade accompagnera également les locataires confrontés à des « pratiques abusives, telles que les détournements de baux, les ventes à la découpe ou encore certaines pratiques de spéculation visant à chasser les locataires en place ».

Cette brigade regroupera des personnels déjà en poste, mais des recrutements sont également prévus. Un portail unique en ligne permettra aux habitants de signaler directement leurs difficultés.

Grégory Canal (DVD), coprésident avec Rachida Dati du groupe d'opposition de droite Paris Liberté, a fustigé une « espèce de chasse au logement vacant », comparant la nouvelle brigade à une « sorte de milice administrative », s'attirant aussitôt les condamnations de la gauche.

Le conseiller LR Aurélien Véron a dénoncé la « défiance envers les propriétaires ». « Vous passez sous silence la réalité du parc social (...) Des immeubles sont laissés à l'abandon », a-t-il accusé.