Epargne : « Ma tante » lance un Livret Solidarité et un compte à terme

  • Par MoneyVox
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Soucieux de diversifier ses sources de refinancement, le Crédit Municipal de Paris (CMP), alias « Ma tante », vient de lancer un livret et un compte à terme à destination des particuliers.

Du Crédit municipal de Paris, on connaît surtout le prêt sur gage (*). Pourtant, son activité ne s’arrête pas là. D’année en année, la banque publique, avec sa filiale CMP Banque créée en 2005, a en effet fait évoluer son offre, en proposant par exemple des micro-crédits personnels depuis 2008. L’épargne marque donc une nouvelle étape de cette diversification.

Le CMP a conçu deux produits. Le premier est un livret d’épargne, baptisé « Livret Solidarité » et proposé au taux annuel brut de 2,5%. « Un taux en haut de la fourchette du marché des livrets solidaires », estime Bernard Candiard, son directeur général, qui promet que les déposants seront régulièrement informés de l’utilisation faite de leurs dépôts. Les fonctionnaires bénéficient de plus d’un bonus de 0,2 point sur cette rémunération. « Nous avons des liens forts et historiques avec certaines institutions publiques, comme AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris) », justifie le patron de la banque. « C’est un encouragement, modeste mais sympathique, à destination des agents. »

Le second produit est un compte à terme sur 6, 9, 12, 18 et 24 mois renouvelables, qui rapporte, pour la durée la plus longue, 3,75% brut. Comme le livret, il pourra être ouvert et géré via un site internet spécifiquement créé pour cela. Une nouveauté pour le CMP, qui s’ouvre ainsi à la modernité (« Cela va rajeunir notre image, certains pensent encore que Ma Tante a disparu » explique Candiard avec humour) en même temps qu’à une clientèle potentiellement nationale. Au risque de concurrencer les autres crédits municipaux ? « Nos collègues de province qui ont un dispositif d’épargne proposent des taux proches des nôtres, je ne pense donc pas qu’il y ait concurrence déloyale. Mais si nous recevons plus de dépôts que prévus, nous pourrons réfléchir à un système de répartition », promet Bernard Candiard.

Les dépôts plutôt que les marchés

Pourquoi, au fait, se lancer dans l’épargne, et pourquoi maintenant ? Le Crédit municipal de Paris renoue ici avec une tradition : créée en 1637, ce qui fait d’elle la plus ancienne institution financière de la place, elle avait dès l’origine collecté les dépôts des particuliers pour financer les prêts sur gage. Avant, plus récemment, de se tourner uniquement vers les marchés. « Notre cotation est bonne (AA+, NDLR) et nous parvenons toujours à nous approvisionner correctement », rassure le directeur général du CMP. « Mais la situation économique actuelle nous préoccupe. Je préfère donc qu’une partie des 140 millions d’euros dont nous avons besoin chaque année soit apportée par des dépôts. »

L’objectif, au final, est aussi de faire face à l’afflux actuel des emprunteurs, tout en maintenant les conditions de prêt : « Nous recevons actuellement entre 700 et 800 personnes par jour, ce qui représente une augmentation sensible de notre clientèle. Nous avons également diminué nos taux d’intérêts. Le dispositif est satisfaisant, et nous voulons donc éviter de le changer en prévenant un renchérissement de l’argent sur les marchés. »

(*) Les crédits municipaux, au nombre de 19 en France, ont un monopole public sur cette activité.

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Par la rédaction

© cbanque.com / Vincent Mignot / Juin 2012